Flandre: remettre le langage religieux au coeur des cours de religion catholique


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Flandre: remettre le langage religieux au coeur des cours de religion catholique
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

Ce 14 janvier à Leuven, a été présenté le nouveau programme flamand des cours de religion en secondaire. Une réactualisation afin que les jeunes connaissent mieux le contenu de la religion chrétienne.

En Flandre, les élèves des réseaux publics qui ont choisi le cours de religion catholique et tous les élèves du réseau catholique – largement majoritaire – ont deux heures de cours dans cette matière chaque semaine. Le contenu de ces cours est établi par une instance qui regroupe les vicaires épiscopaux compétents de tous les diocèses, sous la présidence de Mgr Johan Bonny, l’évêque d’Anvers. Et il vient d'être actualisé.
C’est Mgr Bonny qui a lancé ce 14 janvier, lors d’une journée d’études à Leuven avec plusieurs dizaines de profs de religion, ce nouveau programme que la Conférence des évêques a approuvé le 13 décembre dernier. Depuis ce 14 janvier, il est disponible sous forme de livre (édité par Halewijn-Licap) et sur internet. Ce document – qui inclut aussi un nouveau Guide pour le professeur de religion catholique – est le fruit de la réflexion et des travaux que Mgr. Bonny et ses confrères avaient lancés dès l’été 2016.

Dès le 1er septembre

Le nouveau ‘programme scolaire’ sera d’application dès le 1er septembre prochain, dans toutes les classes de l’enseignement secondaire en Flandre. "Les inspecteurs-accompagnateurs vont, pendant deux ans, surtout s’efforcer de vous accompagner plutôt que de vous inspecter", a rassuré Jürgen Mettepenningen, non seulement vicaire épiscopal pour l’enseignement néerlandophone de l’Archevêché de Malines-Bruxelles mais également modérateur de l'instance qui a réalisé ce nouveau programme scolaire.
"Il y avait quatre raisons pour cette actualisation", explique-t-il. "Premièrement, il faut toujours rester en phase avec le contexte, qui dorénavant est résolument digital. Deuxièmement, nous avons lancé, avec les autres réseaux scolaires, les ‘compétences inter-convictionnelles’, et cette réalité n’était pas encore reprise dans le ‘programme scolaire’. Par ailleurs, dans la mesure où les écoles catholiques veulent être des 'écoles de dialogue' et que nous stimulons les compétences inter-convictionnelles dans l’enseignement officiel, il faut aussi que notre programme scolaire fasse rayonner cet engagement."

Combattre l'inculture religieuse

Enfin – et c’est bien l’élément qui a retenu le plus l’attention des médias flamands – l’actualisation du ‘programme scolaire’ pour les cours de religion dans l’enseignement secondaire met l’accent sur "l’apprentissage de la langue du christianisme". Car "pour pouvoir dialoguer avec l’autre", comme l'a dit à juste titre Mgr. Johan Bonny, "il faut savoir qui on est soi-même." La religion est comme une langue: elle a son propre vocabulaire, ses propres règles, son histoire et sa tradition. Il faut s’approprier cette langue pour pouvoir entamer un dialogue inter-convictionnel.
Or aujourd’hui, beaucoup d’élèves au début de leur parcours scolaire sont "religieusement incultes". Et les plus cultivés en la matière sont par ailleurs rarement des catholiques; ce sont plutôt des musulmans ou des chrétiens évangéliques issus de l’immigration…

Le professeur de religion est "un témoin, un modérateur et un spécialiste"

Pour les responsables de cours de religion en Flandre, aussi important qu’il soit, le dialogue ne peut consister en deux heures de cours sous forme de débats sans connaissance de cause. Dans ce sens, le métier de prof de religion peut être joliment décrit comme celui de "témoin, modérateur et spécialiste". Le prof apprend aux élèves de quoi il s’agit, il anime et modère le débat entre les différentes "ardeurs convictionnelles" et il témoigne enfin en classe de sa propre conviction de chrétien.
Que la conviction d’un prof de religion soit très explicite ou bien plus dissimulée, cela ne cause pas de problème. "Il ne s’agit nullement de convertir quelque élève que ce soit", précise Mgr. Johan Bonny. Mais de leur faire ressentir en profondeur quelle est la réalité concrète de la foi chrétienne. Et pour cela, il est nécessaire que "les élèves connaissent les Dix Commandements" ou qu’ils comprennent "ce que veut dire la Pentecôte", voire qu’ils "lisent des textes bibliques", comme l’ont titré, non sans inquiétude, certains quotidiens flamands.

Benoit LANNOO

Photo: Mgr Johan Bonny remet à une professeur de religion le premier exemplaire du nouveau 'programme scolaire'. © Filip Van Loock

Catégorie : Belgique

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