Reporters sans frontières (RSF) publiait hier 18 décembre son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde. En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages. Des chiffres en hausse qui traduisent une violence inédite contre les journalistes.
Avec 15 morts, l’Afghanistan est cette année le pays le plus meurtrier pour le journalisme, suivi par la Syrie (11) et le Mexique (9), pays en paix le plus dangereux pour les journalistes. Autre fait notable : l’entrée des Etats-Unis parmi les pays les plus meurtriers au monde après la fusillade sanglante contre la rédaction du Capitol Gazette. Fin novembre, RSF dévoilait déjà une enquête sur “Les journalistes, bêtes noires de la mafia” expliquant comment les groupes mafieux traquent les journalistes, dès lors que ces derniers s’intéressent d’un peu trop près à leur business. Après un premier semestre très meurtrier (47 journalistes tués), RSF avait notamment décidé d'intensifier ses missions d'assistance.
Tour du monde

La Belgique continue sa progression et occupe désormais la 7e place (9e en 2017, 13e en 2016)
L’Afrique conforte sa troisième place dans le Classement des zones géographiques avec un indice global qui s’est légèrement amélioré par rapport à 2017. Les situations restent très contrastées sur le continent, où les journalistes sont encore régulièrement victimes d’intimidations, d’agressions ou d’arrestations.
Reporters sans frontières (RSF) note une légère amélioration de la situation de la liberté de la presse sur le continent américain. Le Classement mondial de la liberté de la presse démontre qu’aux Etats-Unis et au Canada, deux pays pourtant armés de solides Constitutions garantissant la liberté de la presse, les journalistes font régulièrement face à des obstacles dans l’exercice de leur profession. Sans oublier aussi les problèmes persistants de violence, d'impunité et de politiques autoritaires à l'égard des journalistes dans de nombreux Etats d’Amérique latine.
Le modèle chinois où l'information est totalement verrouillée par l’État fait des émules en Asie, notamment au Vietnam et au Cambodge. Les démocraties d’Asie du Nord peinent à s’ériger en contre-modèles. Les violences à l’encontre des journalistes sont de plus en plus préoccupantes en Afghanistan, en Inde, au Pakistan ou aux Philippines.
Dégringolade
L’espace post-soviétique et la Turquie restent aux avant-postes de la dégradation mondiale de la liberté de la presse. Près des deux tiers des pays de la zone pointent toujours autour ou derrière la 150e place du Classement, et la plupart continuent de baisser. L'indice de la région est tout près de rattraper celui de la zone Moyen-Orient/Afrique du Nord, bonne dernière au classement mondial. L’érosion du modèle européen, tendance perceptible dans les derniers classements de RSF, tend à se confirmer en 2018. Le continent européen a été ébranlé par deux assassinats, des menaces contre les journalistes d’investigation et des attaques verbales sans précédent contre la profession. Un climat alarmant qui touche même les pays en tête de classement. Les pays de la zone Moyen-Orient figurent une nouvelle fois en fin du Classement. Les conflits armés qui perdurent, les accusations récurrentes de terrorisme à l’encontre des journalistes et des médias indépendants, ainsi que la surveillance et la censure en ligne qui gagnent du terrain rendent le travail des journalistes extrêmement périlleux dans cette région.
S.D. d'après RSF
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Reporters sans frontières (RSF) publiait hier 18 décembre son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde. En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages. Des chiffres en hausse qui traduisent une violence inédite contre les journalistes.