Cette jolie manière de défendre la cellule de base de notre société résume l’appel lancé par des chrétiens particulièrement impliqués dans les instances européennes. Pour eux, la cohésion entre les peuples se cultive dès le plus jeune âge.
Le Parlement européen réserve encore bien des surprises ! C’est en son sein que la Fédération européenne des associations familiales catholiques (FAFCE) vient d’organiser une conférence pluridisciplinaire sur le rôle primordial du groupe familial dans l’éveil et le développement culturel. Car des experts incontestés qui ne cachent pas leur foi, il n’en manque pas. Profitant de l’Année du Patrimoine culturel, ils ont livré leurs analyses croisées de la situation. En voici quelques florilèges : Deux députés européens, des deux groupes majoritaires, ouvrent la séance. Pour Anna Záborská (photo), présidente de l’Intergroupe Politiques familiales, cela ne fait aucun doute : "impossible de penser notre existence sans culture car c’est ce qui a fait ce que nous sommes devenus. Or la famille est la racine de notre vie culturelle, à travers la langue et les traditions transmises. Elle est vraiment source de cohésion". Son collègue Luigi Morgano, membre de la commission Culture, souligne qu’heureusement, depuis 2015, le concept de patrimoine religieux a été introduit comme composante majeure du Patrimoine européen. Mais, ajoute-t-il, «des campagnes de sensibilisation ne remplaceront jamais ce qu’on découvre en famille, notamment par les grands-parents, à qui le pape François fait souvent référence».
Une vision du monde qui se transmet
Lui emboitant le pas, Luca Jahier, le président actuel du Comité Economique et Social, également italien, affirme : « Par la famille, c’est la vision du monde qui se transmet. C’est le front d’une évolution constante au fil du temps ». Pourtant il déplore « qu’après la chute du mur de Berlin. Nous n’avons pas su réconcilier nos histoires ; pas œuvré pour la reconstruction de la culture commune ; pas vraiment intégré celle des pays libérés du joug soviétique ». La culture, c’est la priorité de son mandat : « le patrimoine, matériel et immatériel, représente une ressource précieuse de cohésion sociale. Je l’ai constaté dans ma vie natale, Turin : après l’effondrement de la métallurgie, c’est le tourisme qui la fait vivre.»
La plus ancienne fondation de la société humaine
Pour sa part, Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et actuel président de la COMECE, rappelle que « la famille est la plus ancienne fondation de la société humaine ; c’est par analogie qu’on parle de la famille des peuples européens ! Or ni la société ni l’économie ne reconnaissent la contribution réelle de la famille. Pourtant, mettre en place des politiques favorables aux familles contribuerait largement à la stabilité de l’Europe. Voilà pourquoi la COMECE a demandé la protection du dimanche comme patrimoine européen.»
Invitée inattendue, la nouvelle vice-secrétaire du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, Gabriella Gambino. Docteur en Sciences politiques et en Bioéthique, elle est venue apporter sa contribution : « La conscience éthique est actuellement désorientée et l’on minimise la valeur juridique mais aussi sociale du mariage. Car il garantit l’ordre dans la suite des générations, la place stable et sécurisante de chacun. C’est une cellule à la fois économique et culturelle ». Mère de cinq enfants, elle ajoute : « Aimer signifie donner du temps ; il faut une vie pour donner le meilleur de soi-même à son conjoint et à ses enfants. »
Autre originalité, l’intervention de l’écrivain Franco Nembrini. Ce spécialiste de Dante reste très marqué par ses contacts avec les jeunes, en tant que professeur de religion dans une école publique. Leur désarroi, leur soif de beauté et d’amour lui font dire : « La foi nous donne des clés, il faut revenir à 'l’amour de la vérité plus que nous-mêmes'. Quand on regarde en arrière, l’Histoire européenne est largement basée sur cela. Nous ne pouvons pas ne pas faire vivre notre culture chrétienne. »
On l’aura compris, c’est pour ouvrir le débat des élections de mai prochain que l’on voit converger ses points de vue éclairés. Mais la dernière surprise n’était pas la moindre : à l’issue de la conférence, la possibilité offerte à tous de vivre l’eucharistie au cœur de ce Parlement. Là où chaque semaine, des chrétiens assistent à la messe dans la salle de méditation décorée en chapelle, pour offrir au Christ sa juste place.
Sabine Perouse

Cette jolie manière de défendre la cellule de base de notre société résume l’appel lancé par des chrétiens particulièrement impliqués dans les instances européennes. Pour eux, la cohésion entre les peuples se cultive dès le plus jeune âge.