Expo – « Religion. Apaisement. Division »


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Expo – « Religion. Apaisement. Division »
Image extraite d'une vidéo de l'artiste israélienne Yael Bartana
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Image extraite d'une vidéo de l'artiste israélienne Yael Bartana

La paix est le principe central de presque chaque religion. Et pourtant, les guerres faites au nom de Dieu semblent sans fin. L’exposition "Religion. Apaisement. Division" au musée d’art religieux Parcum, à Heverlee près de Louvain, ne cherche pas à donner les réponses mais plutôt à poser les questions.

Le Musée de la religion, de l’art et de la culture Parcum à Heverlee consacre une exposition aux rapports entre religion, guerre et paix. Bien que la Première Guerre mondiale ne soit pas, à l’origine, un conflit religieux, la religion n’en était jamais bien éloignée. Les deux camps croyaient avoir Dieu de leur côté, comme le démontrent les deux casques opposés l’un à l’autre dans la première salle cette exposition. "Dieu et mon droit", dit l’inscription sur le casque britannique, tandis que l’autre réplique avec "Mit Gott für Koenig und Vaterland".
Les objets d’art, plutôt classiques, exposés pour l’occasion à l’Abbaye du Parc sont intéressants, mais ils ne sont pas exceptionnels: un tableau Renaissance italo-flamand d'Ambrosius Benson représentant la victoire des chrétiens inspirés par saint Jacques "Matamoros" contre les musulmans à Clavijo; un joli retable de la Sainte Croix du XVIe siècle provenant de Léau; une stèle de circa 1700 avec seize scènes de la vie de François d’Assise sculptées en bois, dont une représente la rencontre du saint avec le Sultan...

Réflexion et dialogue

"Notre musée veut surtout poser les questions et inciter au dialogue", explique Liesbet Kusters, la commissaire de cet événement. En effet, la réflexion que suscite le parcours de cette petite exposition est particulièrement intéressante. Quel est le sens de la religion lors de conflits ou des réconciliations? Quel en est l’impact sur l’expérience de la foi? Et de quelle manière les arts s’en retrouvent-ils influencés? Les arts ont toujours réagi aux enjeux des conflits, aux horreurs de la guerre et aux aspirations de paix dans le monde.
Les soldats par exemple, attendant éternellement dans la boue des tranchées, ont aussi cherché, entre l’horreur, le désespoir et le cas échéant aussi la foi, du réconfort dans les arts. La salle reprenant un beau nombre d’objets "d’art des tranchées" vaut absolument le détour. De même que les trois installations vidéo contemporaines. La troisième, dans le grenier du Parcum, est réalisée par le cinéaste égyptien Wael Shawky. Elle raconte l’histoire des croisades avec des poupées italiennes. Un film poignant.

Image d’espoir

Les deux autres installations sont signées de l’artiste israélienne Yael Bartana. Dans "Summer Camp/Awodah", elle a couplé deux vidéos. D'un côté de la salle, on voit un film de propagande sioniste; de l’autre côté, et sur exactement la même musique, un reportage d’une ONG juive qui reconstruit des maisons démolies en Palestine. Enfin, à l’entrée de l’expo, une autre vidéo de Bartana montre comment un groupe de soldats finit par céder pour une simple jeune fille les défiant en jouant d’une petite flûte: une merveilleuse image d’espoir.

Benoit LANNOO

Jusqu’au 10 mars 2019, du mardi au dimanche de 10 à 17 heures.
Parcum (à l’Abbaye du Parc ou Abdij van Park) à Heverlee.
Le beau catalogue n'est hélas pas disponible en français, mais il y a bien un audioguide en français. Plus d’infos sur www.parcum.be.

Catégorie : Belgique

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