Pennsylvanie: le Saint-Siège exprime sa douleur et sa honte


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Pennsylvanie: le Saint-Siège exprime sa douleur et sa honte
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Deux jours après la publication d’un rapport sur les abus sexuels sur mineurs dans six diocèses de Pennsylvanie, le Saint-Siège a condamné «sans équivoque» ces actes antérieurs à 1990, exprimant «sa douleur et sa honte».

Le pape François se tient résolument et fermement du côté des victimes. Dans un communiqué paru dans la soirée du 16 août, le Saint Siège a condamné les abus sexuels sur mineurs perpétrés dans six diocèses de Pennsylvanie aux Etats-Unis (Pittsburgh, Allentown, Erie, Greensburg, Harrisburg et Scranton); ces abus sur mineurs ont été révélés le 14 août par une enquête des services du procureur de cet Etat de Nouvelle-Angleterre.

«La confiance est trahie»

C’est avec gravité que le pape François s’est penché sur ce rapport américain. Plus de 1.300 pages abordées avec «grand sérieux» par le Saint-Siège, qui y voit des abus «pénalement et moralement, répréhensibles». «Ce sont des actes qui ont trahi la confiance et ont volé aux victimes leur dignité et leur foi», martèle le communiqué du Vatican, en appelant fortement à la «responsabilité» des coupables. Par ailleurs, à propos de la «prescription» des faits, le Saint-Siège a tenu à saluer les efforts de réformes entrepris par l'Eglise catholique américaine depuis les années 2000: «Les conclusions du Grand Jury sont cohérentes avec les précédentes études, montrant que les réformes faites par l'Église catholique aux États-Unis ont réduit drastiquement l'incidence des abus commis par le clergé».

L'urgence de la protection des mineurs

Il n'empêche que, plus que jamais, le Saint-Père encourage à «de constantes réformes et à une vigilance à tous les niveaux de l'Eglise catholique». Une seule priorité: «la protection des mineurs et des adultes vulnérables». La législation civile doit par ailleurs «nécessairement» faire loi: «il y a obligation à dénoncer les cas d'abus sur mineurs», pointe le Saint Siège. Ainsi, les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté, poursuit le communiqué. Enfin, le souverain pontife dit comprendre combien ces crimes «peuvent secouer la foi et l’esprit des fidèles américains», et bien au-delà.

De son côté, le président de l’épiscopat américain, le cardinal Daniel DiNardo, prépare des mesures concrètes au niveau local. Le cardinal DiNardo considère ainsi cette nouvelle affaire comme un tournant. Il évoque une «crise spirituelle», une «catastrophe morale», et a demandé pardon pour tout ce que lui-même ou que ses frères évêques auraient omis de faire.

Plus d’indépendance, d’autorité et de laïcs

Réunis en comité exécutif après l’affaire McCarrick (du nom de cet influent archevêque émérite de Washington accusé d’abus sexuels), les évêques américains comptent bien passer à l’action. Un plan contre les abus sexuels va être présenté lors de leur assemblée plénière de novembre à Baltimore dans le Maryland (nord-est des Etats-Unis). Ce plan qui vise à renforcer l’indépendance, l’autorité et l’implication des laïcs, entérinera trois points: une enquête complète sur l’affaire McCarrick, l’ouverture de nouveaux canaux confidentiels pour signaler les plaintes et des procédures plus efficaces pour résoudre ces mêmes futures plaintes.

Les attentes autour de ce plan d’initiative américaine, qui associera experts, laïcs et le Vatican, sont donc grandes. «La confiance en nos évêques est endommagée», regrette le cardinal DiNardo. Il faudra un long et inlassable travail pour la reconstruire.

Vatican News

Catégorie : Eglise Belgique

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