Lutte antidrogue aux Philippines: l’Eglise promeut la réhabilitation, la récupération et la réinsertion des toxicomanes


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Lutte antidrogue aux Philippines: l’Eglise promeut la réhabilitation, la récupération et la réinsertion des toxicomanes
Par Fides
Publié le - Modifié le
3 min

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Rodrigo Duterte aux Philippines en 2016, la lutte contre la drogue s’est intensifiée comme jamais auparavant dans l’histoire de ce pays. Au cours de sa campagne électorale qui l’a porté à la tête de l’archipel, Duterte s’était engagé à éradiquer le trafic de la drogue dans le six mois qui suivent son élection. Seulement, la méthode employée dans la concrétisation de cette promesse électorale est excessive.

En douze mois, la police philippine a procédé à exécution d’au moins 3.5000 personnes qualifiées officiellement des personnalités de la drogue, affirmant agir en en état de légitime défense. Des milliers d'autres personnes ont été abattues dans des circonstances non élucidées, selon les chiffres de la police. La très grande majorité des victimes sont des pauvres ne pouvant pas se permettre d’accéder aux programmes de réhabilitation privés.

La stratégie administration Duterte, basée sur la peur et l’action des forces de l’ordre, fait l’objet de nombreuses critiques, en particulier au sein de l’ église catholique, une des instituions les plus puissantes du pays qui, à maintes reprises, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie d'exécutions extrajudiciaires et d’atteinte à la dignité humaine.

L’on se souvient qu’en 2017, le cardinal de Manille Luis Tagle avait, dans un communiqué lu dans toutes les Eglises de la capitale , réagi en ces termes : «Nous interpellons les consciences de ceux qui tuent jusqu'aux gens sans défense, en particulier ceux qui recouvrent leur visage de cagoules, pour leur demander d'arrêter de gâcher des vies humaines», avant de poursuivre que « le problème de la drogue illégale ne doit pas être réduit à un problème politique ou criminel. C'est un problème humanitaire qui nous concerne tous ».

Pour aider à limiter le dégât et contribuer à trouver des solutions au mal de la drogue qui secoue le pays et la répression violente du gouvernement, souvent contre des innocents, l’Eglise a résolu de s’engager en faveur de la réhabilitation des toxicomanes et à les aider à vivre dans la dignité. Telle est l’approche que l’Eglise aux Philippines propose en réponse à la campagne antidrogue violente lancée par le Président philippin, Rodrigo Duterte contre les toxicomanes pour résoudre de manière forte le problème de la drogue dans le pays.

Pour matérialiser ce projet, de nombreux prêtres et religieux travaillant aux Philippines ont conçu des programmes de réhabilitation et de récupération des toxicomanes. L’objectif de l’initiative est de parer les échecs du gouvernement dans sa lutte contre les trafiquants de la drogue.

L’initiative vient du père Luciano Airel Felloni, missionnaire argentin oeuvrant aux Philippines depuis vingt ans qui, ayant constaté que le nombre de présumés toxicomanes tués dans sa communauté continuait à augmenter, a commencé à travailler avec les responsables civils locaux en lançant un programme ambulatoire de récupération dans sa Paroisse. «Nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire à notre niveau pour aider une campagne contre la drogue mais en oeuvrant de manière juste, en défense de la dignité de chaque personne et pour être réellement utile à la communauté» explique le Père Felloni à Fides.

Il s’agissait pour le père Felloni d’essayer de réintégrer les anciens toxicomanes dans la société, en les aidant à vivre une bonne vie. A côté de cette expérience, nombreuses sont les contributions et interventions des Paroisses, organismes et organisations de l’Eglise catholique allant dans ce sens sur l’ensemble du territoire philippin, contributions qui aident les toxicomanes à sortir du tunnel de la drogue.

L’Eglise catholique aux Philippines a à plusieurs reprises sollicité le gouvernement afin qu’il modifie son approche dans sa guerre contre la drogue, les Évêques affirmant que le juste chemin ne consistait pas dans la suppression physique mais dans la réhabilitation, la récupération et la réinsertion dans le tissus social des personnes tombées dans le piège de la dépendance.

Crispin Landa (avec agences)

Catégorie : Eglise Belgique

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