Douze sites chrétiens cachés dans la région de Nagasaki (Japon) ont été ajoutés ce week-end à la liste du Patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco. Ils sont d'authentiques témoignages de la foi des premiers chrétiens de l'Archipel à la fin du XVIe.

Eglise d'Egami © Nagasaki Préfecture
Situés dans la partie nord-ouest de l’île de Kyushu, les 12 éléments de ce site en série comprennent dix villages, le château Hara et une cathédrale, construits entre les XVIIe et XIXe siècle. L’ensemble reflète les plus anciennes activités des missionnaires et colons chrétiens au Japon : la phase de rencontre, la phase d’interdiction et de persécution de la foi chrétienne et la phase de revitalisation des communautés chrétiennes après la levée de l’interdiction en 1873. Ces sites apportent un témoignage unique sur la tradition culturelle particulière nourrie par les chrétiens cachés de la région de Nagasaki qui transmirent secrètement leur foi chrétienne pendant la période d’interdiction, du XVIIe au XIXe siècle.
Source de vie et d'inspiration
Pour l'UNESCO, "nos patrimoines culturel et naturel sont deux sources irremplaçables de vie et d’inspiration." Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle. Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés. Ils sont classés en trois grandes catégories: sites culturels, sites naturels et mixtes. L'UNESCO distingue aussi le patrimoine en péril. En chiffres, cela donne : 1092 sites classés dont 845 culturels, 209 naturels et 38 mixtes, 37 d'entre eux sont transfrontaliers, 54 sont considérés en péril.
Pour figurer sur la liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection. Les critères sont régulièrement révisés pour rester en phase avec l'évolution du concept même de patrimoine mondial. Actuellement, parmi ceux-ci, on retrouve le fait de représenter un chef-d'œuvre du génie créateur humain, de représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles, ou encore d'être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle. Pour les douze site du Japon, c'est le troisième critère de la liste qui a été retenu à savoir "apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue". Pour rappel, la Belgique compte aujourd’hui une dizaine de sites classés dont les béguinages flamands, la Grand-Place de Bruxelles et plus récemment les sites miniers majeurs de Wallonie.
Visionner le diaporama des douze sites chrétiens japonais sur le site de l'UNESCO
S.D.

