Expo: La Meuse au coeur de notre Histoire


Partager
Expo: La Meuse au coeur de notre Histoire
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
4 min

La pêche, la vie au bord de l'eau, le cours et ses berges, bateaux et bateliers, les échanges, les moulins, les nuisances, les productions artisanales et industrielles, les inondations,... Après avoir vu l'exposition actuellement présentée à l'Archéoforum de Liège, la Meuse n'aura plus aucun secret pour vous !

En premier lieu, des présentations s'imposent : la Meuse est un fleuve au bassin assez étroit qui s’étend sur 950 km du sud au nord-ouest pour moins de 180 km dans sa plus grande largeur. Elle se jette dans la Mer du Nord à travers les nombreux bras du complexe Rhin-Meuse-Escaut. De sa source à Pouilly-en-Bassigny situé sur le plateau de Langres, à 402 m d’altitude, à son embouchure en Zélande elle traverse trois pays: la France, la Belgique et les Pays-Bas. La construction de barrages pour permettre la navigation des péniches a considérablement modifié le débit et l'accès à certains endroits provoquant ainsi l’extinction d’une série d’espèces de poissons migrateurs tels l’alose, le saumon atlantique, etc. Cette exposition se déploie en différents panneaux aux textes accessibles même si parfois un peu techniques, abordant les multiples aléas, positifs (pêche) et/ou négatifs (inondations), de la vie au bord d'un fleuve. Les panneaux sont judicieusement complétés par des vitrines où chaque objet est mis en valeur et en juste relation avec les autres. Même les habitués du fleuve apprendront sans nul doute encore bien des choses sur leur lit mosan.

Un fleuve, des hommes

La pêche au filet jeté est sans conteste la technique la plus ancienne et la plus répandue. Filet aux astalles, cottreaux, épervier, sont autant de filets de forme et maille particulières. Une règlementation régule leur usage probablement dès la période médiévale. Elle s’affermit aux XVIIe et XVIIIe siècles pour lutter contre la diminution de la faune fluviale car la Meuse était très poissonneuse. On y trouvait de nombreuses variétés de poissons : truites saumonées, saumons, anguilles, brochets, bardeaux, sandres, carpes, et blancs poissons. Les vennes, visibles sur la gravure ci-dessous, sont des aménagements plus conséquents, constitués de pieux et de grandes nasses. Elles sont souvent placées dans les courants les plus forts. A Liège, le quai des Vennes rappelle aux passants qu'il fut une époque où le cours d'eau nourrissait ses gens. Mais qui s'en souvient encore?

En l’absence d’épaves, la connaissance des bateaux mosans médiévaux repose majoritairement sur une étude croisée des sources iconographiques et de descriptions historiques. Alors que le mouvement corporatif se développe dans les cités mosanes à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, la date d’apparition des métiers des bateliers ne peut être rigoureusement établie. Le métier des bateliers est très effacé de la vie publique dans les villes de la vallée. De ce fait, leurs corporations laissent peu de traces dans la documentation, on ne connaît dès lors pas grand chose de leur organisation. Leur existence s’exprime par contre dans la vie religieuse, par l’édification d’églises et de chapelles.

Dès le haut Moyen Age, la concentration d’ateliers d’artisanat divers est attestée le long de la Meuse. Bronzier, verrier, potier profitent de la proximité de l’eau tant pour la pratique artisanale que pour la diffusion de leur production. Au fil du temps, ces industries se diversifient mais le lien au fleuve reste indubitable. Le travail de l’os, des peaux, du cuir ainsi que la draperie procèdent majoritairement d’une diffusion à l’échelle locale. Cependant, les draps de Namur font exception puisqu’on les retrouve sur les marchés anglais. Ces activités artisanales puis industrielles ont également apporté leur lot de nuisances, on pense surtout au métier des Tanneurs, dont les rues portent encore le souvenir (à Liège mais aussi ailleurs); le travail des peaux, nécessitant de grandes quantités d'eaux, produisait aussi de fortes odeurs, d'où leur concentration au sein d'un même quartier.

Vous découvrirez encore bien d'autres aspects de la vie le long du fleuve et cette relation si particulière qui unit les hommes et la Meuse en vous rendant à l'Archéoforum de Liège pour visiter cette très belle exposition où sont exposés une grande variété d'objets (vaisselle, filet, carte, plan, monnaie, bijoux, tableau) mais aussi de très belles maquettes. Soulignons la présence de la Vierge à l'enfant dite Notre-Dame du Pont des Arches, en bois polychrome, datant du 16e siècle. D'après la légende, elle aurait été sauvée des eaux de la Meuse par deux fois.

Infos pratiques:

Archéoforum de Liège

Place Saint Lambert

du mardi au samedi de 10h à 17h

du 26 juin jusqu'au 20 octobre 2018

Tel. : 04 250 93 70

Email : [email protected]

Site web : ARCHEOFORUMDELIEGE.BE

Sophie Delhalle

 

 

 

 

 

 

Catégorie : Culture

Dans la même catégorie