Auteure d'une enquête intitulée "Le vieux monde est de retour", la journaliste Pascale Tournier sera à Bruxelles le 19 juin pour une table ronde sur l’émergence des nouveaux conservateurs en France et en Belgique. A ses côtés, Cécile Vanderpelen-Diagre, Professeure/Directrice Unité de recherche au CIERL (Centre Interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité).
Rédactrice en chef-adjoint de l'hebdomadaire chrétien La Vie, Pascale Tournier (photo) a enquêté sur cette nouvelle génération de catholiques français "décomplexés" qui veulent défendre leur vision du monde. Elle en a fait un livre, paru au printemps, "Le vieux monde est de retour". Un titre inspiré par une phrase d'Eugénie Bastié, décochée sur le plateau de l'émission TV "Ce soir ou jamais" par la jeune journaliste du Figaro en direction de Jacques Attali, l'ancien conseiller de François Mitterrand. Eugénie Bastié est l'une de ces figures de la génération des néo-conservateurs, aux côtés des François-Xavier Bellamy, Bérénice Levet, Laetitia Strauch-Bonart, Charlotte d'Ornellas… Une génération "antimoderne" qui n'a pas connu le mur de Berlin et dont le rapport au clivage politique n’est pas du tout celui de leurs aînés.
Post "Manif' pour tous"
Une génération protéiforme aussi, dont le point commun renvoie à la Manif' pour tous (contre le mariage homosexuel) qui a constitué selon Pascale Tournier une école de formation politique, où des réseaux se sont tissés. "Le mariage pour tous, hier, la PMA (Procréation médicale assistée), la GPA (Gestation pour autrui) aujourd'hui ainsi que la révision des lois bioéthiques qui vont bientôt avoir lieu comme celle de la loi Claeys-Leonetti sur la question de fin de vie, constituent la matrice originelle de leurs préoccupations", explique la journaliste de La Vie. "Mais cela va beaucoup plus loin puisqu’on va les retrouver sur les questions identitaires, sur la mondialisation, sur les progrès techniques et là, on va voir qu’il y a des divergences de fond. Sur la question économique par exemple, entre les libéraux conservateurs et les anti-libéraux qui sont de plus en nombreux. C’est sans doute lié à leur jeunesse et peut-être aussi parce que beaucoup sont catholiques. Or la doctrine sociale de l’Eglise et le libéralisme n’ont jamais fait très bon ménage."
Minoritaire mais influente
Rassemblée derrière la candidature de François Fillon aux élections présidentielles, cette génération n'a plus de candidat et attend l’homme ou la femme providentiels. Et si elle est minoritaire, son influence est assez importante d’un point de vue médiatique. Elle pense que l’histoire est plutôt avec elle, suivant de très près ce qui se passe en Autriche (avec l'arrivée au pouvoir d'un très jeune conservateur), dans les pays de l’Est (pour les questions migratoires), au Royaume-Uni (à cause du Brexit et du retour du concept de l'Europe des nations)... Les prochaines élections européennes, dans un an, vont sans doute traduire cette tendance.
P.G. (avec Leo Potier/RCF Bruxelles)
Photo © Julien Falsimagne
Mardi 19 juin à partir de 17h, à l'Université Libre de Bruxelles (Grande salle du CIERL), 17 avenue Fr. Roosevelt, 1050 Bruxelles. Inscriptions: [email protected]
Pascale Tournier, "Le vieux monde est de retour. Enquête sur les nouveaux conservateurs". Stock, 2018, 265 pages.

Auteure d'une enquête intitulée "Le vieux monde est de retour", la journaliste Pascale Tournier sera à Bruxelles le 19 juin pour une table ronde sur l’émergence des nouveaux conservateurs en France et en Belgique. A ses côtés, Cécile Vanderpelen-Diagre, Professeure/Directrice Unité de recherche au CIERL (Centre Interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité).