C’est quoi la messe?


Partager
C’est quoi la messe?
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
5 min

À l'invitation du Mouvement Eucharistique Liégeois lancée en juin 2017, une cinquantaine de Liégeois ont répondu à cette question, loin d'être banale : c'est quoi la messe? Qu'ont donc répondu ces croyants? Ont-ils évoqué Jésus, l'eucharistie, et d'autres choses encore? Aperçu.

Dans ce document de synthèse distribué lors de le semaine de festivités autour de la Fête Dieu à Liège en 2018, ont été repris et regroupé par thèmes les phrases ou les expressions susceptibles de nous enrichir, dans le but d'une participation encore plus vivante à ces célébrations du Corps et du Sang du Christ, que ce soit la messe ou l'adoration eucharistique. Ce document ne se présente donc pas comme un « traité théologique » ou liturgique sur l’Eucharistie, mais plutôt comme le reflet des témoignages personnels, voire intimes.

La messe, c’est Dieu qui nous fait signe, qui nous invite à son banquet, à un festin. Participer à l’eucharistie, c’est d’abord répondre à une invitation, à un appel, à un rendez-vous d’amour, comme une attirance amoureuse, une réponse à un débordement d’Amour Divin. C’est le couronnement de toutes les formes de rencontre avec Jésus, le point de départ, à la fois la base et le sommet. Ne pas prendre part à l’eucharistie, c’est comme si on refusait l’invitation au banquet du Palais royal alors qu’ici, c’est le Roi des rois qui nous convie.C’est participer à une fête, c’est une halte bénéfique, au cours de laquelle Dieu renouvelle son Alliance avec son Peuple et le fait participer au mystère de sa Rédemption et collaborer au salut du monde. Cette fête nous invite à la joie, la joie profonde du cœur à cœur avec Dieu, la joie de la rencontre intime qui procure la paix, même dans les épreuves de la vie, la découverte progressive de la Trinité d’amour : le Père donnant son Fils Jésus, Jésus se donnant à nous par amour, dans l’Esprit Saint qui les unit. (Certains regrettent qu’il y ait trop peu de moments de silence propices à l’intériorité).

C’est une fête vécue en assemblée d’Église, la communion des frères et sœurs vivants et avec tout le Ciel : Marie, les anges, les saints et tous nos frères défunts. « C’est comme une réunion de famille », sans distinction de classes, incluant les absents : les abandonnés, ceux qui ne connaissent pas ou refusent l’Amour du Père, les mal nourris, les persécutés et tous les souffrants dans le monde. Cette assemblée ne peut être fidèle à l’appel de Jésus que si elle prend conscience, avec humilité, de son indignité et de la nécessité de se réconcilier avec tous ses frères blessés. (Cet aspect communautaire n’est pourtant pas toujours aussi visible : ça ressemble parfois plus à une juxtaposition de personnes qui vivent chacune « leur » messe.) L’importance de l’accueil à l’entrée et des échanges fraternels à la sortie sont primordiaux.

L’eucharistie comme don de Vie. La participation à l’eucharistie est ressentie comme un moment vital et central de la journée. C’est Jésus qui s’offre par amour pour tous et pour chacun en particulier, qui transmet à la fois sa force et sa Vie. Comme le Père a distribué la manne au désert, Il se donne comme une nourriture vitale, indispensable pour la vie aussi bien corporelle que matérielle et spirituelle. Jésus, Pain Vivant qui transforme les cœurs endurcis en pierres vivantes de son Église, Soleil qui illumine les êtres de l’intérieur pour les préparer à la Résurrection. « Ce n’est pas moi qui assimile l’Hostie, c’est Elle qui m’assimile et m’attire irrésistiblement en Jésus ». En célébrant le Mémorial de la Passion et de la Résurrection de Jésus, on est face à face avec Jésus réellement présent. « C’est comme si on était aux côtés des Apôtres à la dernière Cène, à table avec Jésus ». L’impossibilité de participer à l’eucharistie peut chez certains être vécue comme une frustration, engendrer la souffrance du manque, tandis que pour d’autres la rupture avec la pratique leur a fait prendre conscience que cet abandon pouvait déclencher peu à peu la sclérose du cœur et l’extinction de la joie. On relève aussi une déception dans le manque de respect, notamment dans la distribution de la communion, et le manque de profondeur parfois dans les rites exécutés comme une routine.

L’eucharistie est le partage du Pain mais aussi de la Parole : un temps d’écoute, de compréhension, d’approfondissement de la Parole, de réflexion sur nous-mêmes, de remodelage et d’ajustement au projet de Dieu. « Je m’aperçois que Dieu me parle à travers sa Parole, la prière et l’homélie du prêtre, comme s’IL venait m’expliquer ce que je vis et ne comprends pas ». La Parole me fait prendre conscience aussi de la souffrance de Dieu, face à l’indifférence des hommes. La prière devient ainsi temps fort de dialogue avec Dieu et se prolonge en louange et action de grâce. « Je ressors de la messe, habité de la présence de Dieu, certain que Dieu m’aime et veut mon bonheur ».

« Allez dans la paix du Christ » : cette phrase m’engage de façon capitale à travailler « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » en me mettant, par la prière et dans l’action, au service de mes frères et sœurs dans le besoin.

Parmi les réponses, quelques remarques ont également été formulées sur la forme :

  • La forme liturgique est parfois trop guindée et pas adaptée au public ; ou au contraire d’autres regrettent une liturgie plus conforme et traditionnelle pour qu’elle soit comprise par tous ceux qui seraient de passage ou d’une autre langue
  • L’esthétique liturgique et la beauté de la célébration sont réclamées avec insistance : soigner les chants, la décoration, l’éclairage, les gestes et meubles liturgiques…

Dans la même catégorie