Visite du cardinal Tauran en Arabie saoudite


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Visite du cardinal Tauran en Arabie saoudite
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Le cardinal Jean-Louis Tauran (photo), président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a été reçu hier, mercredi 18 avril 2018, par le roi Salman d’Arabie Saoudite à Riyad. Les deux hommes ont notamment appelé les religions à s'opposer à l'extrémisme et au terrorisme.

L'Arabie Saoudite n'est pas réputée pour être un pays où la liberté religieuse est de mise. L'islam qu'elle promeut est une des formes les plus radicale de la religion musulmane. On peut donc s'interroger et se demander quelles sont les raisons qui ont décide le prélat français à se rendre à Riyad. C'est précisément pour parler de liberté religieuse que le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux s'est déplacé, profitant aussi de l'occasion pour rencontrer la minorité catholique de ce pays. Dès son arrivée dans le royaume wahhabite, le 14 avril, le cardinal a tenu des propos très forts, y compris à l'égard des dirigeants, insistant en particulier sur l'importance de la liberté religieuse. Une parole ferme dans un pays où les cultes non-musulmans sont sous stricte surveillance et largement bridés.

Ainsi, lors de sa rencontre avec le roi Salman, il a appéle "à la responsabilité des fidèles des différentes religions dans le “renoncement à la violence, à l'extrémisme, et au terrorisme”. Alors que l'Arabie Saoudite est suspectée de financer le terrorisme international, le discours du prélat français semble avoir été entendu par son interlocuteur royal, qui a parlé de la nécessité de renoncer à la violence, pour la “réalisation“ de la sécurité et de la stabilité dans le monde.

Pas de relations diplomatiques mais des contacts

Après son entretien avec le roi Salman, le cardinal français a échangé avec les ministres saoudiens de l’Intérieur et des Affaires étrangères ainsi qu’avec le secrétaire général de la Ligue islamique. Cette visite historique du haut prélat dans ce pays de la Péninsule arabique s’achèvera ce 20 avril.

Si le Saint-Siège et l’Arabie Saoudite n’entretiennent pas de relations diplomatiques bilatérales, des visites de haut niveau ont déjà eu lieu. Ainsi en 2007, le roi Abdallah – demi-frère de l’actuel souverain – avait été le premier chef d’Etat saoudien à être reçu par un successeur de Pierre au Vatican.

Au cours de la messe que le cardinal Tauran a célébré dans la capitale du royaume, il a insisté dans son homélie sur la nécessité de protéger les droits fondamentaux, dont la liberté religieuse. “Le pape espère que la liberté religieuse devienne toujours plus une réalité. Nous sommes prêts à vous aider à tout moment à obtenir une bonne formation intellectuelle et professionnelle”, a par ailleurs assuré le cardinal Tauran. Un soutien important dans un pays où la quasi-totalité des catholiques sont des immigrés asiatiques dont les droits sont très strictement encadrés, voire spoliés. "La culture et l’éducation sont des droits inaliénables", a-t-il encore expliqué.

Dans le contexte de cette immigration professionnelle, a affirmé le cardinal, le travail peut être un lieu du service de l'homme et de la vérité. Les chrétiens sont donc appelés à être des pratiquants du dialogue et de la rencontre afin de montrer qu’il est possible pour les chrétiens et les musulmans de vivre ensemble.

J.J.D. (avec cath.ch/imedia)


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