Emilie Collard vient de réaliser son rêve en publiant son premier album jeunesse. Sensibilisée très jeune à la lecture et au dessin, cette jeune illustratrice nous ouvre la porte de son univers… magique !
Maman de deux enfants, Emilie baigne depuis son enfance dans le monde de la lecture et des arts avec une maman artiste et un papa comptable, grand amateur de BD. C’est donc tout naturellement qu’Emilie s’oriente vers des études artistiques. Mais son parcours ne sera pourtant pas linéaire avec de nombreux petits boulots avant de trouver l’emploi de graphiste qu’elle occupe aujourd’hui. Après avoir eu ses enfants, Emilie se décide à présenter ses projets auprès des éditeurs. « Beaucoup de portes sont restées fermées pendant des années. Puis, je me suis présentée chez La Renaissance du Livre. Ils ont eu un coup de cœur pour l’histoire d’Oda. Ils se sont même étonnés que ce projet n’avait jamais été publié. » Comme quoi, la persévérance finit toujours par payer. Parce qu’il faut dire que cette histoire d’Oda dormait depuis longtemps dans les tiroirs d’Emilie « En fait, j’ai élaboré cette histoire quand j’étais encore aux études. » On peut donc dire que ce "premier bébé littéraire" a connu un long chemin de maturation avant de prendre complètement vie sur le papier. Après un an de travail avec la maison d'édition, Oda se retrouve enfin dans les rayons des librairies. « On m’a bien entendu imposé des contraintes mais cela ne m’a pas dérangée. Pour créer, j’ai besoin de balises. Le texte a été retravaillé pour correspondre à la tranche d’âge de 5 ans et plus. Chaque illustration a été revue deux fois et je suis personnellement très satisfaite du résultat." Emilie travaille de manière plus fluide et spontanée quand il s’agit d’images émotionnelles. Les illustrations techniques lui demandent plus de temps. « Pour réaliser une planche, cela me prend parfois une journée entière. Le processus est donc variable surtout quand mes enfants veulent me donner un coup de main ! » nous confie Emilie, sourire aux lèvres.
Des souvenirs d'enfance
Où Emilie puise-t-elle son inspiration ? « J’ai conservé des albums que je lisais étant petite et auxquels je suis très attachée. J’y puise en grande partie mon inspiration. Enfant, ma curiosité a été très vite éveillée par la lecture et j’adorais les contes et légendes. Mes enfants sont également une source d’inspiration pour moi. » Parmi les illustrateurs qu’elles aiment, Julien Lacombe, Rebecca Doutremer et Lisbeth Zwerger dont les univers sont effectivement proches de celui d’Emilie, tout en rondeur et en nuances légères. De ses lectures de jeunesse, Emilie a conservé le goût du mystère. « J’aime beaucoup dessiner des personnages de dos, joué sur les cadrages pour laisse planer le mystère et donner une touche magique à mes dessins. » C’est pour cette raison aussi qu’Emilie travaille principalement à l’aquarelle et au crayon. La jeune illustratrice a d’ailleurs conservé les boites d’aquarelle de sa maman. « C’est déjà une invitation en soi au voyage, à la création. Toutes ces couleurs mélangées. Je ne lave jamais ma boite d’aquarelle pour garder une trace de toutes les couleurs imaginées. »
Une porte ouverte sur l'imagination
Emilie ne veut pas s'adresser aux petits garçons ou aux petites filles mais à tous les enfants: « Je trouve qu’on essaie trop de faire entrer les enfants dans des catégories. Il faut leur laisser la liberté de choisir, la liberté de développer leurs goûts et de laisser parler leur sensibilité qu’on soit une fille ou un garçon. » Pour Emilie, la littérature jeunesse a un rôle à jouer : permettre aux enfants de s’évader, d’explorer leur imagination, d’inventer des histoires, des intrigues. « Je suis convaincue que les enfants doivent être mis en contact avec des livres dès leur plus jeune âge. » Un livre pour enfant réussi, même si, comme le dit Emilie, le succès n’est jamais garanti, est un livre qui les touche, qui leur apporte un peu de magie et beaucoup de couleurs pour les plus petits. Pour autant, « il n’y a pas d’unanimité possible, ce sont les enfants qui décident au final », avoue bien volontiers cette jeune maman. Par expérience, Emilie sait que ses propres enfants adorent des livres qu’elle n’aurait pas spontanément choisis et inversement, les livres qui font craquer Emilie ne plaisent pas toujours à sa progéniture. Il en est finalement de même pour les adultes dont les goûts littéraires peuvent varier d’un extrême à l’autre. D’où l’importance de la liberté de choix. Un livre doit-il toujours délivrer un message ? Pas forcément. « Un livre en soi n’est jamais creux. Il peut effectivement apporter des pistes, permettre de répondre à des questions sensibles pour les enfants comme le divorce et peut donc être un outil pédagogique intéressant. Mais, pour moi, un livre, c’est tout d’abord une porte ouverte sur la créativité de chacun, la possibilité de s’échapper, de rêver. »
Emilie a encore plein de projets dans ses tiroirs mais souhaite profiter de la sortie de ce premier opus et vivre les choses à 100 %.
Oda prend trop de place

Oda est différente. Très grande et très grosse, elle renverse tout sur son passage et effraie les enfants bien malgré elle.
Sur ordre de ses voisins, Oda s’exile dans une petite maison au sommet de la colline qui surplombe son village. Elle ne sait plus quoi faire pour s’intégrer et se faire aimer telle qu’elle est. C’est alors que la nature va lui donner un petit coup de pouce… Car quand les éléments se déchaînent, on a toujours besoin de l’aide de son voisin.
Une jolie histoire sur l’exclusion et la solidarité.
Oda prend trop de place, Emilie Collard, La Renaissance du Livre, 12,50 euros
Emilie Collard sera en dédicace à la librairie Marque Tapage à Battice dans le cadre du weekend Wallonie Bienvenue (14-15 avril 2018).
Vous pouvez aussi retrouver le travail et l'actualité d'Emilie sur son site www.emilie-collard.be.
Sophie Delhalle

