Exposition:  Christian Cantos à l’abbaye d’Orval


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Exposition:  Christian Cantos à l’abbaye d’Orval
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

 

Vers le souffle premier

L’abbaye d’Orval accueille tout au long de la saison des expositions temporaires. Actuellement, c’est l’œuvre de Christian Cantos qui s’offre à nos yeux. Une œuvre touchante, empreinte d’une foi profonde mais aussi d’un sentiment de révolte face à l’inhumanité de notre époque.

Né le 30 novembre 1967 à Québec, Christian Cantos vit et travaille en Lorraine. La foi, il l’a trouvée à l’âge de vingt-cinq ans après un parcours sans Dieu… ou presque. "Quand j’étais scout, vers l’âge de 12 ans, j’ai rencontré un chef qui avait une foi et un amour qui m’ont touché. Puis, le Bon Dieu m’a tapé dessus", aime-t-il raconter. Sa vocation de peintre, il l’a découverte dès l’âge de 8 ans. "J’étais fils unique et je m’ennuyais donc je peignais et j’offrais mes peintures. Mon grand-père achetait régulièrement des toiles aux artistes du village voisin de Barbizon. J’ai ainsi découvert les différents courants de peinture qui existaient." Tatoueur dans une autre vie, Christian vit aujourd’hui de sa peinture mais n’ose exprimer sa foi dans son art que depuis un an. Fidèle à son style rock’n roll, sa foi n’en est pas moins sincère et profonde. "J’aimerais que tout le monde reçoive la même grâce que moi. Quand je vais à la messe, quand je prends la communion, c’est Dieu qui vient en moi. C’est la seule nourriture terrestre qui nourrit l’âme. Dieu bonifie ce que j’aime. Nous sommes sa bouche, ses oreilles et ses yeux. Dieu a besoin de nous." Pour Christian, l’amour est au centre. Il en est convaincu. "Dieu préfère quelqu’un qui aime et n’a pas la foi, que quelqu’un qui a la foi mais n’aime pas son prochain. Aujourd’hui, j’ai bien compris que le règne de Dieu viendra dans nos cœurs le jour où nous aimerons notre prochain comme Dieu nous aime. Le Règne viendra le jour où l’amour gagnera. Quand on n’aime plus, c’est Dieu en nous qui disparaît."

Témoigner de sa foi… et de sa révolte

C’est Christian qui a fait la démarche de proposer aux frères d’Orval d’exposer ses toiles. "Les frères sont très ouverts et très accueillants. On a parlé. Ils m’ont vu prier. J’ai accroché mes toiles. Ils sont venus voir et ils ont compris mon travail." Aujourd’hui, pour Christian, peindre est aussi une façon de témoigner. "Dieu me donne envie de dire l’amour, son amour. Je suis sa bouche. On n’est pas assez fort pour l’amour mais Dieu nous connaît, ne nous juge pas. Si on n’arrive pas à aimer, on peut toujours Lui demander. Si on essaie de faire le boulot, il portera 99% de notre croix. C’est ce que j’essaie de peindre."
Dans l’œuvre de Christian Cantos, on retrouve les deux versants de notre humanité, la joie, la louange mais aussi la faiblesse, nos lâchetés, nos démons. "Je suis révolté, je suis en guerre pour éviter qu’on nous enlève notre cœur, qu’on nous enlève Dieu. Je peins aussi cette lutte. Si mes œuvres sont parfois violentes, c’est pour rappeler que cette violence ne vient pas de Dieu, mais de nous." Pour Christian, être croyant, ce n’est pas seulement prier, rendre grâce mais aussi agir. C’est regarder les personnes dans la rue et pouvoir leur tendre la main. Pouvoir donner sa vie comme Dieu a donné la sienne à travers son fils. Et d’affirmer avec confiance: "C’est Dieu en moi qui sera capable."
L’œuvre de Cantos s’alimente donc à la source des écrits apocalyptiques ou bibliques mais pas seulement. L’artiste s’inspire aussi des épreuves vécues par les gens ordinaires et puise certaines images de sa propre existence. Enfin, les grandes questions que soulève l’évolution actuelle de la société s’expriment également à travers sa peinture.

Sophie DELHALLE

L’exposition "Tympans bibliques" de Christian Cantos est accessible tous les jours à l’abbaye d’Orval de 10h à 18h jusqu’au 24 juin.

Catégorie : Belgique

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