Orléans. Mathilde, héritière de Jeanne d’Arc


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Orléans. Mathilde, héritière de Jeanne d’Arc
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

Mathilde est la future Jeanne d’Arc pour cette année 2018. Son apparence physique n’est probablement pas celle de la sainte qui a libéré Orléans en 1429. Elle n’en est pas moins une jeune fille pleine de qualités et surtout, elle est catholique, un exemple de piété.

Mathilde Edey Gamassou s’apprête à incarner Jeanne d’Arc à l’occasion des fêtes johanniques 2018. Pour certains, ses origines s’accordent mal à ce rôle et Mathilde ne serait pas à même de représenter la France. Une critique qui s’est accompagnée d’un flot d’insultes impressionnant à l’encontre de la jeune fille.

Polonaise par sa mère, béninoise par son grand-père, Mathilde est française par sa grand-mère. Des origines variées, qui n’excluent pas cependant un attachement profond pour la France, pour son histoire, pour son âme, pour sa culture, et surtout, pour le Christ. Car - historiquement du moins -, l’âme de la France est chrétienne.

« Brillante et pieuse »

Catholique pratiquante, Mathilde est lycéenne en 1ère à Sainte-Croix-Saint-Euverte (Orléans), en littérature. Cheftaine au sein des Scouts d’Europe, elle pratique aussi l’escrime et le chant lyrique au conservatoire d’Orléans. Mais malgré ces passions, elle n’hésite pas à donner de son temps pour les autres. De plus, elle est engagée dans l’association « Sainte Jeanne hier, aujourd’hui et demain ». En somme, Mathilde est « brillante et pieuse », comme l’exprime l’un des membres de la commission chargée d’élire celle qui figurera Jeanne d’Arc. Et -faut-il le rajouter ?-, elle est parfaitement intégrée.

Certes, en apparence, elle ne ressemble probablement à la Pucelle d’Orléans. Mais aucun critère physique n’intervient dans le choix de la commission. Selon la journaliste Charlotte d’Ornellas, elle-même élue pour le rôle de Jeanne en 2002 : «C'est vrai, Jeanne d'Arc était blanche. Et Mathilde ne lui ressemble pas physiquement. Mais ce n'est pas un critère. Sur le reste, l’essentiel, aucune candidate ne lui ressemblait plus. »

Crainte du multiculturalisme

Pourtant l’élection de Mathilde a suscité de nombreuses critiques. Paradoxe: la piété de Mathilde est exemplaire, et pourtant parmi ceux qui s’opposent au choix de Mathilde comme Jeanne 2018, beaucoup sont catholiques, eux aussi. Alors où est le problème ? L’argument principal et récurrent concerne moins la personnalité de Mathilde que la tendance que représenterait un tel choix: celui d’une société toujours plus multiculturelle. Ce que ces catholiques de droite redoutent à travers le multiculturalisme, c’est un relativisme des valeurs. Une société où finalement, ce relativisme prendrait le pas sur les valeurs qui ont fait la France et qui sont essentiellement chrétiennes. Une société où le christianisme perdrait toute prégnance, réduit à n’être qu’une option parmi d’autres.

Hélas, si la question du relativisme des valeurs mérite débat, Mathilde a aussi fait l’objet de propos teintés d’une véritable haine et de basse moquerie. Les insultes virulentes étaient (et sont encore) bien présentes sur la toile, ce qui a poussé le procureur de la République d’Orléans à ouvrir une enquête pour provocation à la haine raciale. Car défendre son pays en misant sur la foi chrétienne, à la suite de Jeanne d’Arc, est une chose, s’en prendre à une jeune fille catholique, au sourire éclatant de foi et de piété, en est une autre et là, c’est Jeanne d’Arc elle-même que l’on emmène au bûcher.

Noblesse et distinction

C’est dans sa réaction à ces insultes que la jeune fille se montre véritablement la plus proche de sainte Jeanne d’Arc. Une réaction qui frappe par sa noblesse. Lorsque le journaliste Nicolas Da Cunha demande à son père si Mathilde est touchée par les messages racistes dont elle a fait l’objet, il répond : « Elle pense à Jeanne, à ce qu’elle a subi sur le bûcher. Elle aussi a été insultée. Mathilde vit avec la dernière phrase prononcée par Jeanne : "Mon Dieu, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !" ». Le journaliste enchaîne en confirmant que « la spiritualité peut être un refuge. Il n’empêche que ces messages peuvent perturber... », mais c’est sans compter sur la foi de Mathilde : « La force de Mathilde est sa foi catholique. Elle ne s’en remet qu’à Dieu et à Jeanne d’Arc », répond le père de la jeune fille.

Là où il aurait été facile de se poser en victime, la dignité de Mathilde est remarquable. Elle ne s’en remet pas à la justice, ni même aux associations antiracismes, mais à Dieu seul. Ni elle, ni son père ne se joignent à la démarche judiciaire du procureur de la République d’Orléans: « Moi, en tout cas, je ne porterai pas plainte contre ceux qui ont insulté ma fille. Il est temps en France d’accepter le débat. Je leur accorde le pardon. Cela aurait été le message de Jeanne d’Arc. » Accepter le débat, ne pas nier les tensions mais y voir une occasion de sanctification, ne pas reculer devant l’injure, ni se réfugier derrière des structures ou des institutions humaines, mais placer toute sa confiance en Dieu... N’est-ce pas l’attitude digne d’une véritable héritière de sainte Jeanne d’Arc ?

 

MMH

Image: Domaine public

Catégorie : International

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