Cinéma – Se reconstruire par la prière


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Cinéma – Se reconstruire par la prière
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Après L’apparition, un nouveau film interroge notre foi: La Prière. L’histoire d’un ancien accroc à l’héroïne qui intègre une communauté chrétienne pour se sortir de l’enfer de la toxicomanie. Un long-métrage subtil et sensible autour de la rédemption.

Le film démarre sur le gros plan d’un visage, celui de Thomas, 22 ans. La voiture dans laquelle il est assis emprunte le chemin d’une vaste propriété perdue au milieu des montagnes, celles de l’Isère, au sud-est de la France. Dans le jardin, de jeunes garçons au crâne rasé déposent du bois dans un abri; Thomas pousse la porte de la maison et se fait questionner par un responsable… C’est au fil des séquences qu’on comprend l’univers dans lequel nous plonge le réalisateur Cédric Kahn. Celui d’une communauté catholique qui offre à des anciens drogués une seconde chance, avec un quotidien ponctué de petits travaux et de moments de recueillement. Les valeurs du travail et de la prière véhiculées par la communauté sont destinées à les remettre sur le droit chemin. Renfermé sur lui-même et visiblement perturbé, Thomas est épaulé par ses nouveaux compagnons de route mais se pose encore beaucoup de questions: la prière est-elle la bonne voie pour sortir de sa dépendance?

Cédric Kahn, le réalisateur de ce film, a toujours porté un vif intérêt aux histoires humaines au plus proche du réel. Il l’avait notamment démontré dans Vie sauvage, dans lequel Mathieu Kassovitz incarnait un homme kidnappant ses deux fils pour vivre en pleine nature. Porté par des acteurs inconnus (hormis l’actrice allemande Hanna Schygulla dans le rôle de sœur Myriam), ce long-métrage centré sur le parcours de Thomas flirte donc avec le registre du documentaire. On suit le jeune homme dans son nouvel univers, en train de couper du bois en forêt, de bouder durant le repas ou de participer à une session de chant en groupe. Un jour, Thomas décide de fuguer et tombe nez à nez avec une charmante jeune fille…

Ouvrir une réflexion

Malgré son titre, le film ne traite pas de la prière en tant que telle, mais plutôt de la quête de sens de notre jeune homme grâce à la religion catholique et les règles strictes. Ainsi, La Prière peut se lire au premier degré comme une sorte de portrait du milieu fort peu connu des centres d’accueil pour anciens drogués. On peut également voir ce film comme message plus général autour de la rédemption. Ce séjour en communauté est une manière pour Thomas de reprendre pied dans la vraie vie, voire même de poursuivre son chemin dans la voie de la religion. Pour coller au plus proche du réel, Cédric Kahn s’est notamment basé sur les recherches d’Aude Walker, jeune auteure d’un livre sur le sujet. Le réalisateur avait d’ailleurs tenté d’écrire lui-même le scénario avant de passer la main à deux scénaristes. "Je n’étais ni croyant, ni chrétien, ni ex-toxicomane, je sentais que je ne pouvais pas aller plus loin dans l’écriture", explique-t-il dans une interview (lire ci-dessous). Le sujet est traité tout en sensibilité et en subtilité. Cédric Kahn ne prend pas position, mais ouvre la réflexion. Le point fort de son film vient surtout du casting, dont en première ligne Anthony Bajon (Thomas), auréolé du prix du meilleur acteur au dernier festival du film de Berlin.

Géry BRUSSELMANS

Catégorie : Culture

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