Cardinal De Kesel : « Noël est la fête de la solidarité »


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Cardinal De Kesel : « Noël est la fête de la solidarité »
Le cardinal Jozef De Kesel, au cours d'une célébration.
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Dans son homélie prononcée lors de la messe de minuit en la cathédrale des saints-Michel et Gudule de Bruxelles, le cardinal Jozef De Kesel a dressé un parallèle entre les circonstances entourant la naissance de Jésus et celles qui prévalent aujourd'hui pour tant de migrants.

Partant de l'évangile de saint Luc, narrant la naissance du Christ, le cardinal a rappelé qu'à Noël, "le Sauveur est né". Pour lui, on aurait pu s'attendre à un spectacle grandiose, à un signe éclatant… Bref à du "show" comme on dirait aujourd'hui. "Mais rien de tel dans ce récit de Noël. Tout est vécu dans l'insécurité de ceux qui ne trouvent pas d'asile. Tout se passe dans l'obscurité de la nuit, dans la solitude, dans la précarité. Il n'y a pas de spectacle. Il n’y a que quelques bergers. L'événement passe inaperçu", a dit l'archevêque de Malines-Bruxelles.

Et le cardinal De Kesel de s'interroger: pourquoi si humble, si discret, si caché? Pourquoi cette absence de spectacle? "C’est parce qu'il est Dieu et non pas homme. Il ne dit rien, il ne fait rien, il n'exige rien. Il est là, un enfant dans une mangeoire. C'est le signe que c'est bien lui. Dès sa naissance, sans dire un mot, il annonce déjà l'évangile (…). Dès son premier jour, il nous apprend l'humilité qui est celle de Dieu. Car c'est de l'orgueil et de la volonté de pouvoir que naissent les conflits et les guerres, aussi bien entre les hommes qu'entre les peuples. Lui, il est le prince de la paix".

Le cardinal Jozef De Kesel a poursuivi son homélie, en souligannat le fait que Dieu nous demande de ne pas nous faire valoir. "S'il a pris notre condition d'homme, s'il est né dans une crèche, ce n'est pas pour se cacher. Bien au contraire: c'est pour se montrer, se manifester. Pour nous dire sans ambiguïté qu’il est Dieu et non pas homme".

Au chevet des migrants

Nouvelle interrogation: pourquoi n'y avait-il pas de place pour Marie, Joseph et Jésus? Parce que la simplicité, voire la pauvreté était de mise. "La morbidité et la pauvreté n'attirent pas. La pauvreté repousse. Le pauvre et l'étranger n'en font pas partie. Parce qu'ils ne nous ressemblent pas, parce qu'ils questionnent nos naturalités, nos réalisations, notre monde. Ils sont différents. Dieu est différent, complètement différent".

L'archevêque a ensuite insisté sur le parallélisme avec notre époque, soulignant qu'aujourd'hui, tant de personnes fuient la guerre, la misère… "Nous parlons de 258 millions de migrants, dont plus de 60 millions sont contraints de passer leur vie ailleurs dans le monde contre leur gré. Je réalise qu'il n'y a pas de solutions simples. Il faut travailler sur des solutions à long terme dans les pays d'origine. Mais en attendant, ils sont en fuite. Certains d'entre eux sont ici. Ils doivent être reconnus dans leur dignité. Parce qu'ils sont des gens. N'oublions pas qu'il s'agit de personnes concrètes, hommes et femmes, enfants et personnes âgées qui cherchent une place dans l'auberge". Poursuivant sont propos le Primat de Belgique a estimé que si notre sécurité nationale demeure une préoccupation majeure, il y a aussi le souci de la reconnaissance de la dignité des migrants. "Un équilibre délicat que nous devons continuer à poursuivre".

"Noël est la fête de la solidarité. Si Dieu a voulu partager notre condition d’homme, c’est bien pour qu’à notre tour nous soyons des humains dignes de ce nom. Ne laissons pas entrer la haine ni la vengeance dans nos cœurs. Nous ne pouvons pas nous couper des autres et nous replier sur nous-mêmes. Il faut s’opposer à ce que le pape François appelle la globalisation de l’indifférence", a martelé Jozef De Kesel, en concluant que la vie vaut la peine d’être vécue. "C’est ainsi qu’on honore Dieu. C’est uniquement de cette manière que la paix vient sur terre".

J.J.D.

Lire l'homélie du Cardinal De Kesel


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