Une exposition poignante s'est ouverte dans le centre culturel des Marolles. Les visages des sans-abri sont visibles. Ils racontent leurs histoires et leurs espoirs.
"La vie, c'est comme une échelle: parfois, on monte; parfois, on descend." G. y croit vraiment, lui dont on ne connaît que l'initiale du prénom et qui vit en rue à Bruxelles. G. (cf ci-contre) est l'un des portraits exposés au Centre culturel Bruegel, dans le quartier des Marolles à Bruxelles. Comme cet homme, d'autres personnes invisibles aux yeux des citoyens prennent enfin une dimension d'importance grâce aux peintures et dessins de l'artiste Spear.
Le visiteur peut découvrir une douzaine de portraits, le plus souvent crayonnés sur base d'un souvenir ou exceptionnellement dessiné à partir d'une photo. Dans chaque cas, l'artiste a pris le temps de rencontrer la personne dont il a fait le portrait. Certains tableaux sont d'ailleurs accompagnés de quelques lignes d'explications. Cet homme qui migrait vers l'Angleterre s'est retrouvé coincé à Bruxelles à cause d'une jambe cassé. Tel autre a tout perdu, y compris sa famille, en raison de l'hospitalisation et du décès de son épouse. Ou encore cette femme, la seule de toute l'exposition, qui a fait le choix de rejoindre son compagnon qui vivait dans la rue.
Une partie des clichés représente des scènes d'Amérique latine, une région que l'artiste a traversée dans le cadre du projet "Painted for them". Il s'agissait d'aider les plus démunis par l'écoute, mais aussi par l'art. La deuxième série de portraits est liée à une campagne menée à Bruxelles intitulée "C'est pas l'hôtel 5 étoiles ici!" Une phrase accompagne ces visages d'hommes et de femme: "C'est con, mais juste un bonjour ça fait du bien…"
En plus de sensibiliser à la situation des "invisibles", cette exposition permet d'aider financièrement des organisations qui leur apportent de l'aide. L'entrée de l'exposition est gratuite, mais il est possible d'acheter une œuvre dont le montant sera intégralement reversé à l'une des associations bénéficiaires, que ce soit les infirmiers de rue, Douche-Flux ou Diogène.
Anne-Françoise de BEAUDRAP
Jusqu'au 30 novembre. Expo "Invisibles" ouverte en semaine sur rendez-vous, et accessible librement chaque week-end de 12h à 18h. Centre Bruegel, rue des Renards 1F, 1000 Bruxelles.
