Cinéma – Au revoir la guerre ?


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Cinéma – Au revoir la guerre ?
« AU REVOIR LÀ-HAUT » Réalisé par Albert DUPONTEL
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

« Au revoir la haut » de Albert Dupontel

Au revoir là-haut traite de la guerre, de ses conséquences. Derrière ses masques, l’acteur argentin Nahuel Perez Biscayart livre une interprétation magistrale et émouvante du héros malgré lui d’un roman tragique.

L’histoire se déroule à la fin de la Grande Guerre et après celle-ci. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire...

Beaucoup sortiront émerveillés et quasiment "K.O. debout" de la vision du film d’Albert Dupontel. C’est que depuis l’ouverture du film (un plan sans interruption dont le héros est un chien qui apporte la nouvelle que l’Armistice est pour bientôt) jusqu’à sa chute, le réalisateur tient le spectateur en haleine. C’est une tragédie souvent, une comédie parfois, bref une "tragi-comédie" d’une intensité rare. Les acteurs sont parfaitement choisis et donnent une densité à leur personnage qui devrait émouvoir même les plus insensibles!

Ce long-métrage est une adaptation d’un roman homonyme qui a obtenu le prix Goncourt en 2003. Son auteur, Pierre Lemaître, a assisté le réalisateur pour le scénario. L’intrigue, qui débute donc peu avant l’Armistice, se poursuit jusqu’en 1920. Deux escroqueries sont présentes en toile de fond. L’une due aux exactions du lieutenant français Pradelle, l’autre, à celles d’Albert Maillard et Edouard Péricourt, devenus amis sur le front à l’occasion d’un ultime baroud d’honneur (ou de déshonneur!) lancé par Henri d’Aulnay-Pradelle.

La sale guerre

Le film, bien qu’assumant son volet ou sa coloration "comédie", est cependant extrêmement dramatique dans certaines de ses scènes, en particulier les combats dans les tranchées, notamment l’assaut demandé par Henri d’Aulnay-Pradelle alors que l’armistice est proche et que les deux camps, Allemands et Français attendent tranquillement sa signature. Le militaire n’a qu’une envie, se battre ou plutôt faire se battre ses troupes (allant jusqu’à tirer froidement dans le dos de deux militaires) pour conduire à une escalade terriblement mortelle.

Les décors et les effets spéciaux donnent une impression très réaliste à cette salle guerre qui entraîna tant de morts et de blessés. D’ailleurs, les "gueules cassées" et leurs prothèses font aussi l’objet d’une ligne narrative de ce film dans lequel le jeu de Nahuel Perez Biscayart est exceptionnel. Le visage détruit par un obus, l’acteur porte constamment un masque. Il en a plusieurs au gré de ses humeurs et émotions. Le spectateur ne voit que ses yeux. Et bien qu’ils soient donc la seule partie visible de son visage, le comédien parvient, à travers eux, à exprimer d’extraordinaires sentiments.

Charles DE CLERCQ - RCF

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Catégorie : Culture

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