Ce 17 octobre est la journée mondiale du refus de la misère. Une journée pour rappeler que la misère n'est pas digne d'une société qui promeut les Droits de l'Homme et qu'elle n'est pas une fatalité. Chacun à son niveau peut faire changer les choses.
Le 17 octobre 1987, il y a tout juste trente ans, 100.000 personnes répondaient à l'appel à l'action du Père Joseph Wresinski, et se réunissaient sur le Parvis du Trocadéro, à Paris, pour dire ensemble "Non à la misère!". Cinq ans plus tard, l'Assemblée générale de l'ONU décidait de faire de ce 17 octobre la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté. Ce 17 octobre 2017 marque donc la 25e édition de cette journée qui a été rendue possible grâce à l'action du mouvement du mouvement ATD Quart Monde qui fête quant à lui ses 60 ans. Un mouvement fondé par l'abbé Joseph Wresinski dont on commémore cette année le centième anniversaire de sa naissance…
Au-delà de ce triple anniversaire, cette journée doit surtout marquer une volonté de rejoindre les personnes en grande pauvreté dans leur combat, et chercher à bâtir avec elles des relations d’égalité, des réponses face à l’exclusion, à partir de leur vie et de leur savoir. Pour l'occasion, des citoyens de tous horizons se rassemblent dans des écoles, sur des places publiques, des centres culturels... bref un peu partout et même à l'ONU, pour entendre la parole et l’expérience des très pauvres, vivre des moments de rencontre, échanger. Et, dans le meilleur des cas, proposer de s’engager à leurs côtés dans cette lutte contre la pauvreté.
Cette journée permet aussi de faire dialogue entre eux les différents mouvements et associations qui militent autour du thème pour multiplier les actions. Une trentaine d’associations, néerlandophones et francophones, se retrouvent ainsi ce jour à Bruxelles (Salle Saint-Michel, Rue Père Eudore Devroye, 2) pour partager leurs bonnes idées.
Toutes ces associations, fédérations et collectifs citoyens se sont engagés aux côtés d’ATD Quart Monde pour dénoncer les situations de précarité que nos gouvernements ne peuvent ou ne veulent trop souvent pas voir. Et c’est aussi ensemble, qu'ils s’engagent au quotidien pour affirmer qu’une société plus solidaire ne peut pas se construire sans la participation des personnes les plus exclues. Un combat loin d'être gagné !
Campagne STOP Pauvreté
Des activités sont donc organisées un peu partout en Belgique, notamment à Namur par le réseau wallon de lutte contre la pauvreté, et à Bruxelles par ATD-Quart-Monde. Une marche y est notamment prévue pour rendre visible l’invisible, pour rendre un peu justice à celles et ceux qui, sans papiers, sans abri, sans emploi, disparaissent peu à peu des radars sociaux.
Ces actions s'inscrivent dans une campagne mondiale : "Stop Pauvreté – Agir tous pour la dignité", afin de dire tout simplement que la pauvreté n’est pas une fatalité et qu'elle peut être vaincue. Comme l'expliquait lui-même Joseph Wresinski : "La misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire".
6% des Belges dans la précarité
En Belgique, la précarité touche 6% de la population (8% en Wallonie). Ces Belges doivent faire face à une déprivation matérielle sévère. Ils vivent dans un ménage qui ne peut pas, pour des raisons financières, se permettre au moins quatre biens et services, comme payer à temps le loyer ou l’emprunt hypothécaire, les charges du logement et les crédits à la consommation, chauffer correctement son logement, faire face à des dépenses inattendues ou partir une semaine en vacances. En bref, ces Belges doivent alors choisir entre manger, se chauffer ou se soigner. Une situation structurelle qui pourrait bien s'aggraver. Selon des chercheurs de l'UMons et de l’Université de Gand , les droits sociaux fondamentaux sont sous pression, "en raison de l’idée de la responsabilisation individuelle, de la conditionnalité, de la prise de sanctions à l’égard des personnes au ban de la société et de leur criminalisation". En clair, si on est pauvre, ce n'est pas la faute à la société. Et c'est ainsi qu'on rejette la faute sur les pauvres eux-mêmes.
Développer l'accueil extra-scolaire
En Région de Bruxelles-Capitale, 41,5% des enfants naissent dans un ménage vivant sous le seuil de pauvreté. Pour les enfants issus de milieux précarisés, et plus particulièrement ceux issus de l’immigration, la pauvreté constitue un sérieux obstacle à la participation aux activités extrascolaires. Or, l’accueil extrascolaire est reconnu comme un levier efficace pour améliorer les conditions d’intégration des enfants, en particulier ceux en situation de précarité. C'est ce que rappellent la Fondation Roi Baudouin et le Fonds Baillet Latour à l'occasion de cette Journée internationale de lutte contre la pauvreté. Ces activités extra-scolaires permettent aux enfants d’acquérir de nouvelles compétences, de développer leur curiosité, de découvrir leurs talents, d’élargir leurs horizons, de sortir de leur quartier et de mieux appréhender le monde.
A ce jour, 81 associations ont déjà bénéficié d’une aide financière et d’un accompagnement méthodologique coordonné par l’asbl Badje. Au total, plus de 10.975 enfants ont trouvé le chemin de l’extrascolaire, notamment grâce à une ouverture de nouvelles places et une approche plus adaptée au public cible.
L’expérience acquise a en outre permis de formuler des recommandations en vue de renforcer la qualité et l’accessibilité d’activités extrascolaires. Ces recommandations ont reçu l’appui de professionnels des secteurs de l’extrascolaire, de la petite enfance et de la lutte contre la pauvreté.
Quand on dit que la pauvreté n'est pas une fatalité…
Pierre GRANIER

Ce 17 octobre est la journée mondiale du refus de la misère. Une journée pour rappeler que la misère n'est pas digne d'une société qui promeut les Droits de l'Homme et qu'elle n'est pas une fatalité. Chacun à son niveau peut faire changer les choses.
Campagne STOP Pauvreté