La tension augmente encore entre Washington et Pyongyang


Partager
La tension augmente encore entre Washington et Pyongyang
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a ironisé vendredi sur le président américain Donald Trump qu’il a qualifié de "mentalement dérangé", affirmant vouloir lui faire "payer cher " ses menaces contre son pays devant l’ONU.

Pour son premier discours à l'Asemblée générale des Nations-Unies, on se rappelle que Donald Trump s'en est pris vivement à la Corée du Nord, avec qui un bras de fer est engagé depuis des mois. Avec un ton d'une violence sans précédent dans l'hémicycle, selon un observateur, le président des Etats-Unis a qualifié de "régime vicieux" le pouvoir nord-coréen, menaçant en outre de détruire totalement ce pays de la carte du monde, en cas d'attaque de Pyongyang

IL n'en fallait pas plus pour que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un réagisse de façon tout aussi virulente. Selon l’agence d’Etat KCNA, il auarit déclaré qu'il ferait "payer cher à l’homme à la tête du commandement suprême aux Etats-Unis son discours appelant à la destruction totale de la Corée du Nord". Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères nord-coréen affirme que son pays pourrait tester une nouvelle bombe à hydrogène dans l’océan Pacifique. L’agence de presse sud-coréenne Yonhap, présente au siège de l'ONU à New-York, affirme que le ministre nord-coréen aurait déclaré: "Il s’agirait de la détonation la plus puissante d’une bombe H dans le Pacifique".

Le Saint-Siège signe le Traité sur l'interdiction des armes nucélaires

Rappelons que dans l'avion qui le ramenait d'Egypte, en avril dernier, le pape François avait fait part de ses préoccupations à propos des tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, insistant par ailleurs sur la nécessité "d’une négociation en vue d’une solution diplomatique". Mais, à ce stade, on voit mal comment les deux pays pourraient se mettre autour d'une table de négociation.

Précisons encore qu'en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à laquelle il participe, Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États, a signé, au nom de l’Etat de la Cité du Vatican, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté le 7 juillet 2017 au terme de la Conférence des Nations Unies. Cet instrument juridique est une étape importante pour enrayer la menace globale posée par les armes atomiques et arriver à leur totale élimination, a-t-il expliqué.

Face aux tensions croissantes liées au programme nucléaire de la Corée du Nord, il faut répondre en cherchant à relancer les négociations. "Il faut en particulier surmonter la menace nucléaire, la supériorité militaire, l’idéologie et l’unilatéralisme qui rappellent la logique de la guerre froide", a expliqué Mgr Gallagher, lors de la 10e conférence organisée pour la mise en œuvre du Traité. Le responsable de la diplomatie pontificale a aussi rappelé ce que le pape François avait indiqué dans son message du 23 mars dernier au sujet des armes nucléaires : "La communauté internationale, avait écrit le Saint-Père, est appelée à adopter des stratégies de vision à long terme pour promouvoir l’objectif de la paix et de la stabilité, et à éviter des approches "myopes" face aux problèmes de sécurité nationale et internationale». «Une éthique et un droit basés sur la menace de la destruction réciproque et potentiellement de toute l’humanité, avait rappelé le Souverain Pontife, sont contradictoires avec l’esprit même des Nations Unies".

Tout en n’ayant aucune illusion sur les défis liés à la concrétisation d’un monde libéré des armes nucléaires, Mgr Gallagher a considéré comme encore plus inquiétants les nouveaux programmes et la prolifération continuelle des armes nucléaires. Les armes nucléaires offrent "un faux sens de sécurité", a-t-il souligné. La paix promise par la dissuasion nucléaire s’est révélée et se révèle être une tragique illusion. La paix et la stabilité internationale, a-t-il affirmé, ne peuvent pas être fondées sur la destruction réciproque ou sur la menace d’annihilation. "Il est essentiel de substituer la logique de peur et de défiance avec une éthique de responsabilité, en contribuant à créer un climat de confiance qui valorise le dialogue multilatéral", a conclu Mgr Gallagher.

J.J.D. (avec agences et Radio Vatican)

Catégorie : International

Dans la même catégorie