Une histoire d’amour improbable entre une femme arthritique et un pêcheur solitaire et renfermé qu’il a engagée pour faire son ménage.
Deux acteurs de talent sont au service de "Maudie", un biopic tout en finesse et émotion. En réalité, Maudie se révèle une piètre ménagère; au lieu de nettoyer, elle passe son temps à recouvrir les murs de peintures vivaces et colorées. Ce film est basé sur l’histoire authentique de la peintre canadienne Maud Lewis décédée en 1970, restée pauvre toute sa vie et dont les œuvres sont aujourd’hui vendues aux enchères.
Maudie est de toute beauté: un film sensible et sentimental qui évite la sensiblerie et le sentimentalisme. L’émotion est au rendez-vous, grâce au talent de sa réalisatrice irlandaise dont c’est quasiment la première œuvre au cinéma. L’actrice anglaise Sally Hawkins incarne véritablement celle qui ignore être artiste, Maud Lewis, atteinte de polyarthrite rhumatoïde qui va se mettre (voire s’imposer) au service d’un pêcheur rustre et isolé, Everett Lewis. C’est l’américain Ethan Hawke qui joue ce rôle où il est bluffant et impressionnant pour habiter un homme rustre, désagréable, qui considère que son chien, sa maison, ses biens passent devant celle qui deviendra sa femme. L’intrigue est intéressante: une femme qui ignore être artiste, vend pour trois fois rien ses "œuvres"... Son mari pense qu’il dupe les acquéreurs tant il ne croit pas à la valeur de celles-ci, qui sont achetées pour être revendues plus cher. Plus tard, elles seront hors de prix et introuvables et la maison elle-même devient une œuvre qui sera déplacée dans un musée canadien consacré à celle qui sera alors considérée comme une grande artiste. Ce sont à la fois l’interprétation des deux protagonistes principaux, les décors, paysages, le cadrage qui émerveillent, émeuvent, emplissent d’émotion pour rendre de la beauté à l’écran et dans le cœur.
Les images finales nous montrent les "vrais" personnages filmés par une équipe de télévision à l’époque (épisode reproduit durant le film). Le spectateur découvrira que la fiction est encore bien en deçà de la réalité, sombre, noire, tragique, dramatique, de deux êtres paumés, aux frontières de la société et de l’humanité... Enfin, la musique de Michael Timmins est au service du film, de l’intrigue et de l’émotion.
Charles DE CLERCQ - RCF
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Otez-moi d’un doute
Un autre film est à épingler cette semaine. Otez-moi d’un doute est une comédie tendre, émouvante et classique mais qui fera rire les spectateurs de bon cœur. La réalisatrice s’attache aux thèmes de la famille. Ici, François Damiens est un démineur breton. Il apprend, par hasard, que son père ne l’est pas. Avec tact, pudeur et émotion, le film raconte la quête d’un homme pour retrouver son père. C’est du cinéma de divertissement certes, convenu, mais qui fait du bien parce qu’il est honnête, intelligent et somme toute, très humain.
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Une histoire d’amour improbable entre une femme arthritique et un pêcheur solitaire et renfermé qu’il a engagée pour faire son ménage. 