La route s’ouvre pour une visite du pape en Russie


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La route s’ouvre pour une visite du pape en Russie
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

De retour de Russie, le cardinal Pietro Parolin a confié à Radio Vatican qu'il tirait un bilan très positif et "utile" de son déplacement. En vue d'un voyage du pape François sur les terres de Vladimir Poutine et du patriarche Kirill?

La visite de Mgr Parolin en Russie constituait à elle seule un événement important. En effet, il s’agissait seulement du troisième déplacement du ‘numéro 2’ du Vatican dans ce pays, et le premier depuis 18 ans. A son retour, le Secrétaire d’Etat du Saint-Siège tiré un bilan “substantiellement positif“ pour ce voyage qui s'est déroulé dans un climat de cordialité, d’écoute et de respect. En particulier avec le président Vladimir Poutine, y compris sur les questions épineuses liées à la Syrie et l’Ukraine. Avec le patriarche Kirill, le cardinal Parolin parle aussi d’un "nouveau climat" qui règne dans les rapports entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique depuis ces dernières années. Selon le prélat italien, d’autres potentialités de collaboration avec la Russie ne sont ainsi pas à exclure dans le futur, du point de vue culturel, universitaire ou humanitaire. De quoi "préparer le terrain" pour une éventuelle visite du pape François?
Si un voyage apostolique d'un pape en terre russe n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, le déplacement du cardinal Parolin a été un pas significatif dans cette direction. "Je pense qu'il y aura une surprise, comme La Havane était une surprise", a ainsi déclaré le prélat à l’agence Askanews le 21 août. Il faisait allusion à la rencontre (photo ci-dessus) entre le pape François et le patriarche orthodoxe de Moscou – une première depuis 1439! – à Cuba en février 2016, annoncée seulement une semaine à l’avance.
Sans nier cette possibilité, le métropolite Hilarion, président du Département pour les relations extérieures du patriarcat de Moscou, a estimé de son côté qu'il était "trop tôt" pour envisager une nouvelle rencontre entre le patriarche orthodoxe Kirill et le pape François à Moscou. La rencontre de l’année dernière à la Havane (Cuba) a, selon lui, indiqué les perspectives à suivre pour le développement des relations entre les deux Eglises dans le futur. Il faut maintenant "les mettre en œuvre". "Pour réaliser cet objectif, a-t-il jugé, cela exige bien plus qu'une année".

"Oecuménisme du sang"

Impensable il y a encore quelques années, notamment sous le pontificat du Jean Paul II, un tel voyage serait l'apogée du rapprochement entre Rome et l’orthodoxie russe débuté à partir de 2005. Un rapprochement qui a été accéléré par la cause des chrétiens d'Orient persécutés, par "l’œcuménisme du sang", selon une expression chère au pape François.
Par ailleurs, la Fédération de Russie et le Saint-Siège entretiennent depuis 2009 des liens diplomatiques au plus haut niveau. Et Moscou apprécie la position d’équilibre du Vatican à son égard. Notamment sur les dossiers syrien et ukrainien.
Enfin, les relations personnelles entre les deux chefs d’Etat, toujours importantes dans des relations diplomatiques, sont de qualité. Le président russe Vladimir Poutine – qui s'est déjà rendu au Vatican à cinq reprises depuis l’an 2000 – a confié au cardinal Parolin avoir été “marqué“ par ses deux rencontres avec le pape François.

P.G. (avec Cath.ch)

 


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