Nouvelles voies d’évangélisation (2/3) : Le kot chrétien


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Nouvelles voies d’évangélisation (2/3) : Le kot chrétien
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
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Salle de réunion et d'études

L'expression de kot chrétien englobe différentes réalités d’accueil et de logements proposés aux étudiants ayant une sensibilité chrétienne. Cela va du simple hébergement jusqu’au partage de vie avec une communauté religieuse en passant par le «kot à projet».

Chez les salésiens à Liège

Le projet de «kots chrétiens» de la communauté salésienne de Liège est né il y a cinq ans suite à une demande particulière. De fil en aiguille, les salésiens ont ouvert leurs portes à d’autres étudiants; ils sont quatre à bénéficier aujourd'hui d’un hébergement. Cet accueil s'inscrit parfaitement dans la mission éducative des salésiens, prioritairement tournée ver les jeunes les plus pauvres.

Jusqu’à présent, aucun critère n’était pris en compte pour accueillir des étudiants mais vu que le projet tend à évoluer vers une vie communautaire, «un entretien préalable serait idéal avant d’admettre un(e) étudiant(e) à séjourner avec la communauté», comme nous l’explique le frère Dominik Salm, responsable de la communauté depuis novembre 2016.

Le père Dominik souhaitait connaître le ressenti général des frères par rapport à ce projet de kots chrétiens; d’un avis unanime, cette situation était vécue avec beaucoup de frustration car, tout en vivant à proximité des jeunes, il y avait peu d’échanges réels avec ceux-ci; seuls les moments de repas sont vécus ensemble. La communauté proposerait aux étudiants de se réunir une fois par mois pour consolider les liens entre eux et la communauté. Cette idée a été bien accueillie par les jeunes interrogés.

Témoignage d’Aurélie, 23 ans, jeune diplômée en communication multilingue

Originaire de Tinlot, Aurélie a koté pendant cinq ans chez les frères salésiens. Elle n’a quitté le foyer que le temps d’un quadrimestre pour son séjour Erasmus.

Pourquoi Aurélie a-t-elle choisi cette formule de kot plutôt qu’une autre? «Je cherchais un logement en dehors du centre-ville pour être au calme. Je cherchais aussi de l’espace; financièrement, c’était très intéressant et j’avais envie de cet esprit de famille et de rencontre avec une communauté», nous explique la jeune étudiante.

Aurélie pose dans sa chambre... qu'elle quitte après cinq ans!

Les quatre étudiants logés chez les frères ont la possibilité de partager les repas et les temps de prière avec eux. «Pour le repas de midi, c’est quasiment impossible d’être là avec les horaires de cours, nous avoue Aurélie, mais il est tout à fait possible de revenir pour souper avec eux à condition d’avoir réservé son repas auprès de la cuisinière. Sinon, nous avons la possibilité de cuisiner par nous-même.» Pour ce qui est des heures de célébration, "c’est vraiment compliqué d’y assister mais j’y suis quand même allée plusieurs fois", poursuit Aurélie.

Les étudiants bénéficient d’une salle d’études - salle de réunion de la communauté - et d’une salle de détente partagée avec les frères. Les échanges avec les salésiens pourraient s’arrêter là mais «le curé et le vicaire nous invitaient régulièrement à fréquenter la messe dans la paroisse Saint-François de Sales dont ils ont la charge ou à participer à des activités comme le weekend du Mouvement Salésien des Jeunes, qui restera mon meilleur souvenir", nous confie Aurélie.

La chapelle aménagée par la communauté salésienne

Pour Aurélie, l’intégration en paroisse s’est réalisée grâce aux «Soyeureux». Ce groupe de jeunes adultes qui existe depuis deux ans a pour mission d’animer la messe mais organise aussi des veillées de prière, des jeux, des weekends…

Aurélie a trouvé auprès des frères le contact humain qu’elle recherchait mais aussi une réelle implication; l'un des frères l’a soutenue pendant les moments plus difficiles de la vie estudiantine, il a notamment corrigé ses travaux. «Si je devais refaire le choix du kot, je reviendrais ici sans hésiter», conclut Aurélie.

 

Sophie Delhalle

 


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