VACANCES SOLIDAIRES (1/2) Développement et scolarité : un travail de fourmis


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VACANCES SOLIDAIRES (1/2) Développement et scolarité : un travail de fourmis
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Pour son quatorzième voyage, l’association Fourmis.Terre, emmenée par l’historien Gérard Bavay et son épouse, prendra cet été la direction du sud de l’Inde. Sur place, une douzaine de volontaires contribueront à la remise en état d’un orphelinat mixte qui accueille 190 enfants.

"Fourmis.Terre", sous ce drôle de nom se cachent des bénévoles qui, depuis une vingtaine d’années, poursuivent l’objectif d’aider les enfants dans toutes les régions du monde. L’association est née de l’envie d’étudiants de l’Ecole Normale de Braine-le-Comte (aujourd’hui HELHa) de consacrer un mois de leurs vacances à un projet humanitaire. Après la Thaïlande en 1993, les projets se sont enchaînés au rythme d’un voyage tous les deux ans. Au total, une centaine de personnes, étudiants ou non, se sont ainsi rendues en Thaïlande, au Chili, au Pérou, en Inde et au Burkina Faso pour contribuer au développement de ces pays à travers la construction de classes et même d’écoles.

Un projet à long terme au Burkina Faso

En 1994, l’abbé Edmond Heymans organise une rencontre entre des étudiants de l’Ecole Normale et Pierre Sawago. Le courant passe directement entre ce directeur d’école à Ouagadougou et les étudiants intéressés par la problématique du développement par l’éducation. Un an plus tard, quinze étudiants ou professeurs partent au Burkina Faso pour créer une école dans ce qui n’est encore qu’un coin de brousse bien au large de la capitale. Trois classes sortent de terre en six semaines. Ce sont les premiers pas d’un projet qui ne cessera de se développer durant deux décennies avec le soutien des "fourmis" belges. Aujourd’hui 2.350 enfants sont scolarisés dans cet établissement qui compte une vingtaine de classe. "Nous apportons de l’équipement et finançons la construction mais nous n’intervenons jamais dans les frais de fonctionnement", précise Gérard Bavay. "De cette manière, nous nous assurons de ne pas les placer dans un état de dépendance". Au fil des années, de nouveaux volontaires rejoignent le projet, d’autres le quittent. Mais l’esprit de l’association reste fidèle à ses origines. Pour récolter des fonds destinés aux projets, l’association organise durant les deux années qui précèdent le voyage des activités variées: conférences, marché de noël, soupers ou marches. Les Fourmis prennent à leur charge l’intégralité des frais du voyage, les sommes récoltées vont exclusivement aux projets. Sur place, les bénévoles sont présents en même temps que des ouvriers locaux à qui ils prêtent leur aide. "Ce que nous faisons généralement, explique Rose-Marie Bavay, c’est un travail de petites mains. Nous sommes attentifs à ne pas voler le travail de ces ouvriers." Avec des moyens légers, l’association parvient à mettre en place des structures qui coûteraient certainement vingt à trente fois plus en Belgique. En 2013 dans la région du Tamil Nadu en Inde, 19.500 euros d’investissement ont suffi pour la construction d’une école qui accueille depuis une soixantaine de filles qui étaient non-scolarisées.

Cinq semaines en Inde

En juillet, douze personnes, dont une famille avec deux enfants, prendront la direction de l’Inde. Ils sont enseignants, étudiants, informaticien ou travaillent dans le secteur de la construction. Après un trajet de 750 kilomètres en train à partir de Bombay, ces volontaires s’installeront pour un mois dans la région d’Hyderabad. L’orphelinat de Malkapur, qui accueille 190 enfants âgés de trois à seize ans, nécessite un bon rafraîchissement. Les Fourmis prévoient notamment de repeindre les locaux avec des peintures de qualité supérieure. En 2001, l’association s’était déjà rendue sur place pour construire une bibliothèque et financer un système de traitement de l’eau. Les fonds récoltés avaient également permis d’installer des balançoires, d’acheter des équipements de cricket, une vache et son veau… ainsi que des uniformes neufs et des petits cadeaux pour chacun des 190 enfants du home. A côté du chiffrable, insistent les organisateurs, il faudrait faire le bilan des heures passées à échanger et à partager la vie des enfants et des responsables du home. L’expérience humaine est largement à la hauteur de l’aide matérielle apportée aux projets. A chaque voyage, les Fourmis reviennent plus riches d’une expérience humaine unique et de rencontres inoubliables.

Manu VAN LIER

Pour découvrir le récit des aventures de cette association: www.herb.be/fourmis.terre/

Catégorie : Belgique

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