Le jeudi 1er juin, le président Donald Trump a finalement pris la décision de "sortir" les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. L’annonce a provoqué des réactions très négatives parmi les 194 autres pays signataires de la COP 21. Le Vatican a rappelé l'importance de l'engagement pour notre "maison commune".
"L’heure est venue de quitter l’accord de Paris", a proclamé le président américain le jeudi 1er juin, dans les jardins de la Maison Blanche. "J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris", a déclaré Donald Trump, justifiant sa décision par sa volonté de protéger des emplois américains, et dénonçant un accord "très injuste" pour son pays.
L’accord de Paris, conclu fin 2015 - et dont le prédécesseur de Donald Trump, le président démocrate Barack Obama, fut l’un des principaux artisans -, vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale en deçà de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine.
Affichant sa volonté de négocier un "nouvel accord" ou de renégocier l’accord existant, Donald Trump est cependant resté évasif sur les engagements que les Etats-Unis seraient prêts à prendre. La décision du président républicain donne dès lors une indication sur le rôle que les Etats-Unis entendent jouer sur la scène internationale dans les années à venir. La décision de Trump pourrait, de fait, augmenter encore le poids à la Chine, qui s’est peu à peu imposée comme un pays leader de la politique climatique internationale.
Réactions internationales
Très rapidement, les réactions ont fusé des quatre coins de la planète, émanant de la sphère politique, mais aussi économique. Si les Européens "regrettent" la décision américaine, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l’accord climatique ne pouvait en aucun cas être renégocié. "L’accord de Paris durera. Le monde peut continuer à compter sur l’Europe", a notamment déclaré le commissaire européen à l’Action pour le climat, Miguel Arias Canete.
Le président français s’est quant à lui adressé aux Américains en appelant à "rendre sa grandeur à notre planète" ("Make our planet great again"), paraphrasant le slogan de Donald Trump. Dans une déclaration prononcée depuis l’Elysée, en français puis en anglais, Emmanuel Macron a reproché au président américain d’avoir commis "une faute pour l’avenir de notre planète", car "il n’y a pas de planète B", a-t-il dit.
Au Vatican, le message adressé le vendredi 2 juin aux musulmans par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, à l’occasion du Ramadan, portait sur la "sauvegarde de la maison commune", la terre… Ce message, qui s’inspire largement de l’encyclique du pape François sur l’écologie, Laudato Si’, est revenu sur le sens même de la "maison commune" comme "habitation pour tous les membres de la famille humaine". Le document conclut, dans une allusion à peine voilée à la décision américaine, que "personne, aucune nation ou peuple ne peut imposer exclusivement leur compréhension de la planète".
Réaction de la COMECE
Le cardinal Reinhard Marx, président en exercice de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne), a également fait une déclaration à la suite du retrait des Etats-Unis de la COP 21.
"Même si la décision du président des Etats-Unis n’est pas une surprise", a-t-il dit, "celle-ci est un défi majeur pour la protection de l’environnement au niveau international. Elle porte un coup dur au climat de confiance mondial qu’avait engendré l’accord à la conférence sur le climat de Paris."
"Jusqu’au bout", a-t-il ajouté, "nous avions espéré que les discussions au sein du G7 et la rencontre avec le pape François auraient influencé positivement sa décision. L’Encyclique Laudato Si’, dont le pape a remis un copie au président Trump lors de leur rencontre de la semaine dernière, souligne que la politique internationale est affaiblie par la primauté de trop d'intérêts particuliers sur le bien commun. Il est regrettable que ce constat se vérifie à nouveau et que la responsabilité mondiale s’arrête aux frontières d’un pays".
Le cardinal Marx a conclu sa déclaration en invitant la communauté internationale à ne "pas se décourager". Il s'est spécialement adressé aux Européens en ces termes: "Les Européens en particulier ont le devoir de rester unis et de jouer un rôle de premier plan dans la sauvegarde de la création."

Photo: cardinal Reinhard Marx
C.H., avec La Croix et Radio Vatican
Retrouvez la suite de cet article dans le "Dimanche" numéro 23.

Le jeudi 1er juin, le président Donald Trump a finalement pris la décision de "sortir" les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. L’annonce a provoqué des réactions très négatives parmi les 194 autres pays signataires de la COP 21. Le Vatican a rappelé l'importance de l'engagement pour notre "maison commune".