Le Saint-Siège et la Birmanie établissent des relations diplomatiques


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Le Saint-Siège et la Birmanie établissent des relations diplomatiques
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Ce jeudi 4 mai, le pape François a reçu la Prix Nobel de la Paix et dirigeante birmane Aung San Suu Kyi en audience privée, au Vatican. A la suite de cette rencontre, le Saint-Siège et la Birmanie ont annoncé l’établissement de relations diplomatiques entre eux. Les deux Etats sont "désireux de promouvoir des liens d’amitié mutuelle", selon un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège.

Interrogé par l'agence Fides, Mgr John Hsane Hgyi, évêque de Pathein, en Birmanie, a fait part de sa joie. "Nous sommes heureux pour l’évolution positive et pour les pas en avant vers le changement. On sent un certaine confiance chez les gens", a-t-il indiqué, rappelant que le gouvernement n’est en place que depuis un an. Il a également remercier Aung San Suu Kyi, actuelle conseillère d’Etat et ministre des affaires étrangères du pays, pour son engagement.

Interrogé sur les priorités pour la Birmanie, il cite la résolution des conflits avec les minorités ethniques et souhaite que la rencontre nationale du 24 mai, en vue de signer un cessez-le-feu, soit "un pas réel" vers la paix. Concernant la question de la minorité musulmane des Rohinyas, dont plusieurs membres ont fui le pays, "l’Eglise catholique exprime son entière solidarité pour leurs souffrances et attend des solutions qui respectent la dignité et les droits de l’homme, selon les critères de paix et de justice", a déclaré Mgr John Hsane Hgyi. En ce sens, il renouvelle également l’engagement de l’Eglise qui a proclamé 2017 "année de la paix". Il souligne également la nécessité de réviser la constitution, qui laisse encore trop de place aux militaires, et de "combattre la pauvreté", notant des pas en avant et affichant son espérance.

Une demande ancienne

Du côté du Saint-Siège, la demande d’établissement de relations diplomatiques était ancienne et avait même été effectuée au précédent gouvernement, rappelait l’an dernier le cardinal Charles Bo, archevêque de Rangoon, dans une interview à l’Agence Eglises d’Asie. Les militaires au pouvoir avaient alors repoussé leur réponse après les élections de novembre 2015.

D’après l’agence, l’une des revendications de l’Eglise concerne l’éducation. Après le coup d’état militaire de 1962, toutes les écoles catholiques avaient été nationalisées et, si l’Eglise a réinvesti dans l’éducation, elle est en butte à des grandes difficultés. "Nous aimerions gérer des écoles de manière officielle. Nous souhaitons que le nouveau gouvernement nous donne des autorisations officielles pour construire des églises et des couvents. Nous espérons obtenir une égalité de traitement entre toutes les religions à cet égard. Et nous voulons que les écoles nationalisées nous soient restituées", précisait l’archevêque de Rangoon.

Peuplée de 51 millions d’habitants, la Birmanie est un pays majoritairement bouddhiste. La minorité chrétienne représente 6,2% de la population, dont un quart de catholiques.

Source: Radio Vatican

Photo: Capture youtube.com


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