Alors que l’Égypte et le monde entier restent sous le choc des attentats meurtriers du dimanche contre les coptes, le Saint-Siège a assuré que le pape maintiendrait son voyage dans ce pays prévu les 28 et 29 avril.
Les deux attentats revendiqués par l’État islamique (EI) qui ont frappé des églises à Tanta et à Alexandrie, faisant 44 morts et une centaine de blessés, en ce jour symbolique du Dimanche des Rameaux - qui marque l’entrée dans la Semaine Sainte - n'ont pas dissuadé le Saint-Père de venir en Egypte. Et ce malgré l’état d’urgence pour trois mois décrété par le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi.
Coupant court à d’éventuelles rumeurs sur une annulation de ce voyage apostolique, Mgr Angelo Becciu, substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État, a confirmé que le Pape se rendrait bel et bien en Égypte aux dates prévues. « Il ne fait aucun doute que le Pape maintiendra sa proposition de se rendre en Égypte », affirme Mgr Becciu dans un entretien au Corriere della Sera.
C'est également ce qu'à confirmé le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Selon le cardinal Tauran, le Pape François aura à cœur de montrer sa grande proximité spirituelle à la communauté copte meurtrie mais portera également un message politique: «je crois que son message est "oui il est possible de vivre ensemble"».
Un message plein d'espérance au regard de la situation égyptienne. Car malgré les remontrances du président égyptien, Al-Azhar, référence mondiale pour l’islam sunnite, continue à diffuser des publications et des enseignements bien éloignés de l’islam modéré que l’institution prétend répandre. Et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayeb, que le pape François doit rencontrer le 28 avril prochain lors de sa visite au Caire, peut répéter à qui veut bien l’entendre que le terrorisme n’est pas un produit dérivé de la religion, les coptes ne sont pas dupes: ils sont toujours davantage discriminés et menacés, et dénoncent le manque de protection de leurs lieux de culte, régulièrement ciblés par les islamistes, mais surtout une mentalité d’exclusion répandue au sein de la population.
Epuration religieuse
Par cette stratégie de la terreur, les ralliés à la cause d'EI veulent diviser la société égyptienne sur des bases confessionnelles. Ils ciblent les chrétiens, traités d'”infidèles d’Egypte”, n'hésitant plus à frapper dans les églises. Ce fut déjà le cas il y a quatre mois, le 11 décembre 2016, au Caire, lors de la messe à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, tout près de la cathédrale Saint-Marc, siège primatial de l’Eglise copte orthodoxe. Vingt-sept fidèles, en majorité des femmes et des enfants, avaient péri dans cet attentat suicide revendiqué par l’organisation terroriste.
En février, le groupe État islamique avait publié une vidéo dans laquelle ils expliquaient leur intention d'éradiquer les chrétiens coptes égyptiens et de "libérer Le Caire". Et il y a deux semaines, les forces de sécurité égyptiennes avaient démantelé une bombe à l'extérieur de l'église St Georges de Tanta, là où a eu lieu l’un des attentats de dimanche.
Selon les experts, on peut parler d'une véritable épuration religieuse dans le Sinaï. Un millier de personnes, en majorité des familles chrétiennes coptes, ont fui en début d'année de la zone d’El-Arish. Sept coptes y ont été assassinés par des djihadistes. Certains ont été décapités et d’autres brûlés vifs devant leurs familles.
P.G. (avec radio Vatican et Info.catho)

Alors que l’Égypte et le monde entier restent sous le choc des attentats meurtriers du dimanche contre les coptes, le Saint-Siège a assuré que le pape maintiendrait son voyage dans ce pays prévu les 28 et 29 avril.