Lundi 10 avril, en fin de journée, le camp de baraques qui accueillait quelques 1500 réfugiés à 40 km de Calais a pris feu. Après un hébergement d'urgence en gymnases, les hommes, femmes et enfants migrants prennent la route cette semaine de différents centres d'accueil et d'orientation à travers la France.

(c) MSF
Ouvert il y a juste un an (voir photo ci-contre), le site à la lisière de Grande-Synthe était géré par Médecins Sans Frontière avec le soutien de la municipalité. L'objectif: "mettre les réfugiés à l’abri et au sec et leur offrir des conditions de vie plus acceptables." Pour cette réalisation voulue comme "exemplaire" selon l'élu écologiste Damien Carême, il s'agissait de répondre à la situation de crise connue à Calais, et de permettre une cohabitation pacifique des différentes nationalités migrantes.
Depuis quelques semaines, les signaux d'alerte se faisaient entendre, du fait de la surpopulation de ce camp de Grande-Synthe, mais aussi des conditions pénibles liées à l'hiver. En début de semaine, des rixes entre les Kurdes irakiens et Afghans ont mis le feu aux poudres. Plusieurs débuts d'incendie ont détruit les trois quart des chalets existants sur le site. Matthias Fekl, le ministre français de l'intérieur, descendu sur place mardi, a déclaré: "Il n'y aura pas de reconstruction de nouveau campement ici".
Outre le déplacement en cours des personnes réfufiés, à l'image de ce qui s'est produit il y a quelques mois pour la jungle de Calais, les associations s'organisent dans une action solidaire. Le collectif Recho, par exemple, fait savoir: "Soucieuses de faire notre maximum pour réparer le mal en adressant un message d’espoir aux populations, nous lançons ce jour une collecte de fonds sur Hello Asso et un appel aux dons auprès de nos partenaires afin d’apporter au plus vite à Grande-Synthe ce qui leur manque… : eau, hygiène, lait maternel, nourriture fraîche... Unissons-nous pour les aider !"
A.-F. de Beaudrap

