Ce jeudi 20 avril, vers 21h, un attentat a coûté la vie à un policier à Paris, sur les Champs-Elysées. A trois jours du premier tour des élections présidentielles, cette attaque confirme le risque sécuritaire très élevé de ce scrutin.
Le premier ministre français, Bernard Cazeneuve, a tenu à réaffirmer la détermination du gouvernement français à la suite de l'attentat meurtrier de ce jeudi soir à Paris. "Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays", a-t-il déclaré ce vendredi matin à l'issue d'un Conseil de défense réuni autour de François Hollande, au Palais de l'Elysée.
Pour le scrutin du dimanche 23 avril, plus de 50.000 policiers et gendarmes, appuyés par 7.000 militaires de l'opération Sentinelle, seront mobilisés pour assurer la sécurité des quelque 67.000 bureaux de vote. Même si, comme le rappelait le ministre français de l'Intérieur Matthias Fekl, "aucune force de sécurité armée ne peut apparaître dans et à proximité immédiate des bureaux de vote. C'est la règle démocratique".
Pour Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN/UNSA), "la journée de dimanche constitue une journée de tous les dangers", les bureaux de vote étant selon elle "des cibles extrêmement symboliques" qui constitueraient "un tableau de chasse important pour une organisation terroriste".
La sécurité des candidats
L'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) dispose d'une échelle de 1 à 4 pour évaluer le niveau de menace (1 correspondant à "attentat en cours"). Le service de protection des personnalités (SDLP) adapte le dispositif de sécurité en fonction de ce niveau de menace, qui peut fluctuer selon les candidats.
"Il y a en permanence un échange entre les équipes de policiers qui entourent les candidats, les staffs et les autorités, pour que le dispositif soit le plus adapté", a précisé le ministère de l'Intérieur Matthias Fekl.
A la fin de la semaine dernière, François Fillon a été réévalué en "Uclat 2", le plus haut niveau de menace pour une personnalité, après qu'une fausse information a fait état d'une menace sur un de ses meetings. A l'exception de Marine Le Pen qui est évaluée "Uclat 3", c'est-à-dire qu'il y a des menaces à son encontre, les autres candidats sont tous "Uclat 4", exempts de menace.
Identité de l'assaillant présumé
La fusillade des Champs-Elysées a été revendiquée, très rapidement, par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a présenté l'assaillant comme l'un des ses "combattants". L'homme a été abattu, alors que deux autres policiers ont été blessés, ainsi qu'une passante.
La revendication du groupe terroriste a toutefois créé une certaine confusion en identifiant l'auteur de l'attaque comme étant le jihadiste belge connu sous le nom de "Abu Yussef al Belgici". Rapidement, les autorités françaises ont toutefois indiqué que l'auteur de l'attaque se nommait Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, qui s'en était déjà pris aux forces de l'ordre françaises dans le passé. Il n'était toutefois pas identifié comme islamiste radicalisé.
C.H., d'après agences.
Photo: (c) commons.wikimedia.org

Ce jeudi 20 avril, vers 21h, un attentat a coûté la vie à un policier à Paris, sur les Champs-Elysées. A trois jours du premier tour des élections présidentielles, cette attaque confirme le risque sécuritaire très élevé de ce scrutin. 