François, premier pape non-européen depuis plus de 1000 ans est aussi, paradoxalement, un pape qui s'intéresse beaucoup à l’Union européenne. Ce vendredi 24 mars, il reçoit tous les responsables de l'UE au Vatican, à l'occasion du 60e anniversaire des Traités de Rome, qui avaient institué, notamment, la Communauté Économique Européenne (CEE).
Seuls six États avaient alors participé à la signature : la France, l'Italie, la République fédérale d'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Désormais, l'Union européenne compte 28 membres, mais le Royaume-Uni a amorcé un processus de sortie depuis la victoire du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016. La Première ministre britannique Theresa May sera donc la grande absente de cette rencontre. Tous les dirigeants des 27 autres États de l'UE sont en revanche attendus, ainsi que les dirigeants du Conseil européen, de la Commission européenne et du Parlement européen.
Un pape attentif aux valeurs européennes
Si les voyages du Pape argentin l’ont plutôt conduit vers les marges du continent européen (Lampedusa, Lesbos, Albanie, Turquie, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan…), son déplacement éclair mais symbolique à Strasbourg, le 25 novembre 2014, est resté dans les mémoires. Devant le Parlement européen et le Conseil de l’Europe, 26 ans après la visite de Jean-Paul II, le pape François avait rappelé la dimension spirituelle de la construction européenne, en la reliant au respect de la personne humaine.
Dans des termes préfigurant ceux utilisés dans son encyclique Laudato Si’, le pape avait rappelé aux eurodéputés que l'Europe devait garantir "une écologie humaine, notamment une agriculture qui ne tolère pas les gaspillages alimentaires mais nourrissent tous les hommes". Il avait également insisté sur la nécessité pour l'Union de trouver une solution à la question des migrants pour que "la Méditerranée cesse d'être un grand cimetière". François avait aussi abordé la question du travail, en insistant sur le respect de la dignité des travailleurs. "Il est temps de favoriser les politiques de l'emploi. Mais il est surtout nécessaire de redonner la dignité au travail, en garantissant aussi d'adéquates conditions pour sa réalisation".
En 2016, le Pape François, qui pourtant refuse habituellement les honneurs, a reçu le prix Charlemagne. Ce prix décerné par la ville d’Aix-La-Chapelle, en Allemagne, vise à mettre en lumière les acteurs de la construction européenne. Succédant à des personnalités politiques comme Robert Schuman, Winston Churchill ou encore François Mitterrand, mais aussi à des figures religieuses comme Frère Roger de Taizé, ou saint Jean-Paul II, récipiendaire d’un prix spécial en 2004, le pape François avait profité de son discours de remerciement pour marteler un appel à la construction d’un "nouvel humanisme européen» fondé sur trois capacités: celles d’intégrer, de dialoguer et de générer. "On ne peut se contenter de retouches cosmétiques ou de compromis bancals pour corriger quelques traités. Il faut poser courageusement de nouvelles bases." Pour l’évêque de Rome, "les racines de l’Europe se sont consolidées au cours de son histoire du fait qu’elle a appris à intégrer dans une synthèse toujours neuve les cultures les plus diverses et sans lien apparent entre elles". L’identité européenne, avait martelé le Pape François, est, et a toujours été, "une identité dynamique et multiculturelle".
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Photos: le pape François recevant le Prix Charlemagne le 25 novembre 20174

François, premier pape non-européen depuis plus de 1000 ans est aussi, paradoxalement, un pape qui s'intéresse beaucoup à l’Union européenne. Ce vendredi 24 mars, il reçoit tous les responsables de l'UE au Vatican, à l'occasion du 60e anniversaire des Traités de Rome, qui avaient institué, notamment, la Communauté Économique Européenne (CEE).