Une grande école supérieure catholique anversoise formant de futures instituteurs et institutrices pour l’enseignement primaire, demande aux écoles catholiques d’engager plus souvent de jeunes professionnels non baptisés. Et le patron de l’enseignement catholique flamand se joint à cet appel.
Le journal De Morgen ouvrait en couverture hier matin avec un appel de la directrice de la "Karel de Grote-Hogeschool", une école supérieure catholique au centre d’Anvers. L'appel destiné aux écoles primaires catholiques consiste à demander d'offrir plus de chances d’embauche aux jeunes instituteurs ou institutrices non baptisés. Le problème est simple : les écoles primaires catholiques peuvent engager des professionnels non baptisés, mais ceux-ci ne sont pas aptes à donner les heures de cours de religion dans leurs classes. Il faut donc les remplacer pour ces heures spécifiques, ce qui n’est pas toujours évident dans les petites écoles où chaque instituteur ou institutrice s’occupe de sa classe la semaine entière.
Pourtant, des solutions pratiques sur le terrain sont envisageables. "On peut demander à quelqu’un d’autre de se consacrer à ces quelques heures de religion et demander au professionnel non baptisé de faire autre chose entretemps", explique le directeur général de "Katholiek Onderwijs Vlaanderen", le professeur Lieven Boeve. "On peut éventuellement aussi organiser du co-teaching pour le cours de religion ; j’ai assisté récemment, à l’occasion de la fête de la Chandeleur, à un cours dans une école primaire gantoise où une institutrice musulmane et un professeur mandaté pour le cours de religion ensemble faisaient du très beau travail pour un groupe d’élèves particulièrement hétérogène."
C’est dire que le patron de l’enseignement catholique flamand (cf photo) soutient l’appel de la "Karel de Grote-Hogeschool", sans pour autant mettre en question l’autonomie des directeurs et directrices des écoles primaires catholiques de décider eux-mêmes de leur ressources humaines et de leur organisation interne. "Il est évident que nous devons évoluer vers un corps professoral plus varié ; les étudiants des écoles supérieures avec un background musulman, par exemple, doivent pouvoir être engagés plus souvent dans les écoles catholiques. On a préconisé pendant cinquante ans qu’un instituteur en primaire devait donner tous les cours, y compris les cours de religion. Changer cette donne prend du temps, oui hélas !"
Le soutien du professeur Lieven Boeve à l’appel de la "Karel de Grote-Hogeschool" préconisant aux écoles primaires d’être plus créatif dans la matière, est en parfaite concordance avec son projet de "l’École catholique du dialogue". "L’identité chrétienne de l’école catholique reste maintenue, mais cette identité se constitue en dialogue avec les autres croyances – chrétiennes ou musulmanes ou encore autres – et avec la laïcité. Par ailleurs, en ce début du XXIe siècle, il est important aussi d’avoir des personnes de repère avec un autre background dans nos écoles catholique, ne fut-ce que pour pouvoir resserrer les liens de milieu écolier avec les parents."
Et Lieven Boeve n’oublie pas d’y ajouter "qu’il demeure évidemment indispensable que chaque instituteur dans une école primaire catholique s’engage explicitement pour le projet pédagogique de cette école, qu’il soit baptisé ou pas ! Mais chaque bon enseignant qui est prêt à s’engager pour nos ‘écoles catholiques de dialogue’, est le bienvenu."
Benoit Lannoo

