Un accord est enfin intervenu pour financer les travaux de la collégiale Sainte-Croix. Quinze millions d'euros ont été débloqués. Le subside est étalé sur dix ans et permettra la réalisation de cette restauration en trois ou quatre ans grâce à la garantie de la Région.
"Grâce à l'accord-cadre entre la Région Wallonne et la Ville de Liège, Sainte-Croix va non seulement retrouver sa fonction cultuelle, mais aussi jouer un grand rôle culturel au sein de la ville dans le cadre du circuit des sept collégiales", se réjouit Eric de Beukelaer, vicaire épiscopal du diocèse de Liège. Pour l'annonce de cette bonne nouvelle, le ministre wallon du Patrimoine Maxime Prévot est venu en personne expliquer l'accord aux Liégeois. A ses côtés à la Maison de la Presse et de la Communication de Liège (MPCL), le ministre Jean-Claude Marcourt (qui fut également ministre du Patrimoine) et l'échevin liégeois des finances et du tourisme Michel Firket, tous deux "ardents" défenseurs du projet depuis sa genèse et qui ont toujours souhaité la restauration complète de l'édifice, sans omettre la présence de Jean-Marie Verdière, le président de l'asbl "SOS Collégiale Sainte-Croix". "Les quinze millions annoncés ne représentent en fait que 85% du subside total", explique le ministre Prévot. "Le solde sera apporté par la Province de Liège à hauteur de minimum 4%, et la Ville de Liège, ce qui porte en fait le montant total à dix-sept millions d'euros."
Les sommes seront libérées par tranches annuelles égales. La garantie de la Région Wallonne permettra aux autorités responsables des travaux d'entamer la restauration au plus vite et de la finaliser dans un délai beaucoup plus court, à savoir entre trois et cinq ans.
Oecumenisme
Une fois la restauration terminée, la collégiale abritera un lieu de culte œcuménique. "La croix rassemble l’ensemble des chrétiens. Par sa verticalité, elle symbolise la dimension spirituelle de l’homme et par son horizontalité, la solidarité", précise avec beaucoup de joie l'évêque de Liège Mgr Delville.
La première église fut bâtie sous Notger, il y a 1.100 ans. Il en demeure un pan de mur en grès houiller dans le chœur oriental. Le bâtiment sous son aspect actuel date de 1232. Différentes restaurations ont eu lieu aux XIXe et XXe siècles, sans toutefois être menées à leur fin. La collégiale est actuellement dans un bien triste état. Elle est sur la liste des soixante-sept monuments en danger établie par le Fonds Mondial pour les Monuments. Depuis le début des années 70, ses façades sont en grande partie entourées d'échafaudages. Des travaux de consolidation ont été effectués de-ci de-là. Malheureusement comparables à un emplâtre sur une jambe de bois par manque de moyens assez importants pour des travaux durables, mais sans pour cela mettre en cause la volonté des responsables, bien au contraire. Les ravages à l'intérieur sont également très conséquents, notamment à cause des infiltrations d'eau dues à la toiture très endommagée. La voûte est noircie par l'humidité, l'eau s'infiltre dans les boiseries, les rendant poreuses et fragiles. Certaines statues ont subi de gros dégâts. Le bâtiment est fermé au public depuis 2005 pour raisons de sécurité, seul le cloître se visite encore.
Persévérance
Depuis 1988, Jean-Marie Verdière et tous ses membres bénévoles n'ont eu de cesse de mettre en avant la nécessité absolue de procéder à la restauration entière et complète de l'édifice. Ils se sont impliqués à 100% de courriers en réunions, de communiqués en exposés, d'appels téléphoniques en rencontres avec les décideurs. Leur opiniâtreté alliée à leur force de conviction et au soutien d'édiles locaux ont permis que le projet se soit enfin concrétisé.
Il faut préciser le rôle très important de la fabrique d'église, sans laquelle la collégiale ne serait pas loin d'être à l'état de ruine. En effet, c'est sur fonds propres et sans le moindre subside d'un quelconque organisme officiel qu'elle a fait procéder à diverses réparations qui, si elles n'ont pas résolu les problèmes, ont quand même ralenti la lente destruction.
Le point de départ du circuit des collégiales
Créé par l'échevinat du tourisme il y a huit ans, ce circuit de visites regroupe sept édifices liégeois, tous classés patrimoine majeur de Wallonie, à savoir Sainte-Croix, Saint-Paul, Saint-Martin, Saint-Jacques, Saint-Barthélemy, Saint-Jean et Saint-Denis. Qu'ils soient église, cathédrale, basilique, ces édifices sont ainsi nommés grâce à la présence du collège – ou chapitre – de chanoines qu'ils abritent ou ont abrités. Ces collèges étaient tenus de chanter lors des sept offices hebdomadaires. L'échevinat a mis en route un programme de restauration de tous les bâtiments, les travaux en cours s'élèvent à environ 14,5 millions d'euros. Hors subside de Sainte-Croix, vingt autres millions seront nécessaires pour finaliser les restaurations de toutes les collégiales. Le circuit consiste à parcourir la ville avec des étapes pour visiter les collégiales, joyaux du patrimoine liégeois que la Ville n'a de cesse de mettre en valeur.
Philippe BALDELLI - Photo: Une fois la restauration terminée, la collégiale abritera un lieu de culte œcuménique © Ph. Baldelli
Tous les renseignements à propos de ces visites peuvent être obtenus auprès de la Maison du Tourisme du Pays de Liège (13 quai de la Goffe et sur le site de visitezliege.be)


