Créée en 1964 pour lutter contre la lèpre, Action Damien a rapidement étendu son travail pour combattre aussi la tuberculose. Elle est présente aujourd’hui dans treize pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique centrale… mais également en Belgique.
On dénombre chaque année un millier de malades de la tuberculose dans notre pays. Leur traitement est l’affaire de BELTA, une coupole nationale qui regroupe le FARES (Fonds des Affections Respiratoires) et la VRGT (Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding). Depuis 2015, BELTA fait appel à Action Damien pour un projet mené à Bruxelles qui vise à soigner les SDF touchés par cette maladie. Pour ces personnes, la prise régulière de médicaments n’apparaît pas toujours comme une priorité. Or, le suivi rigoureux du traitement est la clé de sa réussite. Action Damien organise dès lors le logement de ces personnes pendant la durée de leur traitement (de six mois à un an). L’ONG collabore avec des centres d’abri pour le logement, elle fournit également des tickets de bus ou de métro pour que le malade puisse aller chercher ses médicaments à l’hôpital Saint-Pierre. Des chèques sociaux permettent également aux SDF de se procurer de la nourriture dans certaines épiceries, une aide essentielle quand on sait que le traitement de la tuberculose provoque une faim considérable. Parallèlement, des structures essayent de réintégrer ces personnes dans la société: "L’année passée, j’ai rencontré un ancien malade qui, en sortant de l’hébergement, a trouvé un logement et un emploi. Il est donc reparti tout à fait bien dans la vie", témoigne Stéphane Steyt, chargé de la communication d’Action Damien. Le projet bénéficie également d’un réseau d’infirmier(e)s travaillant dans la rue qui rencontrent très régulièrement ces malades et les envoient si nécessaire vers les lieux d’hébergement. Ce projet sera prochainement étendu à d’autres grandes villes en Flandre comme en Wallonie.
La pauvreté accentue le risque de tomber malade
Chaque seconde, une personne dans le monde est contaminée par la tuberculose, ce qui ne veut pas dire malade. 5% des gens qui ont le bacille développent la maladie immédiatement, en raison notamment d’une diminution de l’immunité. Si on vit dans la rue, dans des conditions extrêmes, l’immunité est nettement moins bonne, ce qui augmente le risque de développer la maladie. Celle-ci est contagieuse: huit à dix personnes par an peuvent être contaminées par un malade. Ne pas soigner les malades en rue reviendrait donc à s’exposer à un risque plus grand de contamination. Il est essentiel également de s’assurer que le traitement soit pris jusqu’à son terme: "Quand le malade doit poursuivre le traitement plusieurs mois alors qu’il se sent bien, il a envie d’arrêter, c’est compréhensible. Mais on se place alors devant un risque double: la possibilité de retomber malade, mais surtout la possibilité de devenir multirésistant, donc de résister à un ou plusieurs médicaments." L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) préconise que le malade prenne ses médicaments sous supervision d’un infirmier, médecin ou volontaire. Cette stratégie est valable en Belgique comme à l’étranger.
Une belle victoire pour la recherche
Ces dernières années, Action Damien a mis au point un nouveau traitement contre la tuberculose multirésistante. Ce traitement, développé au Bangladesh par le docteur Armand Van Deun, dure 9 mois au lieu de 24 auparavant. Moins douloureux que le précédent, mieux toléré par les malades et avec un taux de guérison plus important, il a été testé notamment au Niger, avant une étude à grande échelle initiée par l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, qui a mené à sa reconnaissance et à sa recommandation par l’OMS en 2016.
M.VL.
Pour soutenir tous ces projets, Action Damien repartira en campagne les 27, 28 et 29 janvier. Elle demandera à tous de vendre ou d’acheter ses marqueurs (6 euros la pochette de quatre) ou de faire un don (déductible fiscalement à partir de 40 euros – le prix de revient d’un traitement) sur le compte BE05 0000 0000 7575.

Créée en 1964 pour lutter contre la lèpre, Action Damien a rapidement étendu son travail pour combattre aussi la tuberculose. Elle est présente aujourd’hui dans treize pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique centrale… mais également en Belgique.
