Ce mercredi 11 janvier, Mgr Guy Harpigny a présenté ses vœux à la société civile. Brossant un large tableau des événements nationaux, internationaux et diocésains, l'évêque de Tournai a rappelé que l’Eglise catholique a pour mission de promouvoir le bien commun de toute l’humanité.
Rappelant d'emblée qu'au terme du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde, le pape François a promulgué la Lettre Apostolique Misericordia et misera par laquelle il rend grâce pour tout ce que le Seigneur a donné et nous propose de regarder en avant, Mgr Harpigny a fait un large tour d'horizon des actions engagées en 2016 et qui trouveront, pour certaines, leur aboutissement cette année. Il s'est aussi attardé sur le rapport entre les religions et la société, ainsi qu'entre religion et violence.
Sur le plan religiueux, l'évêque de Tournai a rappelé que le pape a promulgué l’Exhortation Apostolique post-synodale Amoris laetitia sur l’amour dans la famille en mars 2016, précisant que lors du pèlerinage diocésain de Tournai à Rome, pour célébrer le Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde, il avait pu parler quelques instants avec led souevrain pontife, qui lui a dit à plusieurs reprises: "Etudiez bien Amoris laetitia. C’est très important de bien comprendre ce texte". Et Mgr Harpigny de préciser "Je le lui ai promis. Comme le diocèse, suite à la célébration du Synode diocésain (2011-2013), a prévu une assemblée synodale sur la famille en 2017-2018, nous pourrons, ensemble, nous approprier les éléments fondamentaux d’Amoris laetitia".
La place de la religion dans la société
Mgr Harpigny a évoqué ensuite le processus de refondation des paroisses dans le diocèse, ainsi que le nouveau processus de la catéchèse qui accompagne les enfants et les jeunes pour l’initiation chrétienne sacramentelle, depuis le 1er septembre 2015. Pour lui, il s'agit d'un changement, rendu nécessaire en raison de l’évolution des mentalités de la société, avec pour objectifs l’évangélisation des enfants et des jeunes qui sont présentés ou qui se présentent eux-mêmes pour célébrer les sacrements de l’Eglise. "Honnêtement, je dois dire que nous ne sommes qu’au début d’un processus différent. Deux facteurs risquent de modifier le processus engagé. Le premier, encore bien mal observé par les acteurs engagés à temps plein dans la mission de l’Eglise et l’évangélisation, est l’entrée en douceur du numérique. (…) Le second facteur, qui ne dépend pas de nous, est le sort qui sera réservé dans les dix années qui viennent aux cours de religion dans l’enseignement obligatoire. Si ces cours devaient devenir optionnels ou disparaître, le processus de catéchèse serait évidemment transformé", a indiqué l'évêque.
Il a ensuite abordé la place de la religion de la société, indiquant qu'oser parler de la dimension religieuse dans la société est un défi. Grand spécialiste de l'islam, Mgr Harpigny a aussi précisé que la place de la religion de la société est un défi, "car les terroristes disent agir au nom de l’islam pour réaliser la volonté de Dieu. On peut donc légitimement s’interroger sur le rôle de l’islam dans le phénomène terroriste. L’islam serait-il une religion intrinsèquement violente, de sorte que les musulmans pacifiques ne seraient qu’une exception?"
Et de s'interroger: "Y a-t-il une liaison intrinsèque entre religion et violence?" Il a jugé que des responsables de la société apportent des réponses différentes à cette question, certains estimant qu’il faut rendre la religion inefficace; d'autres que les religions ont, dans leurs ressources, le dialogue, l’amour entre les hommes, jusqu’à l’amour des ennemis et que, par conséquent, les religions ont leur place, une mission spécifique, pour le vivre-ensemble. "Cela nous change du discours sur la sécurité, qui est évidemment nécessaire, mais non suffisant pour éradiquer les causes de la violence. Pour progresser vers la paix, il faut essayer de comprendre ce qui se passe et mettre ses énergies dans le dialogue interpersonnel et dans la dimension collective, qui relève du politique. La société a besoin d’institutions qui l’inscrivent dans la longue durée de l’histoire".
Pour Mgr Harpigny, il est temps que les religions réexaminent ce que l’Eglise catholique appelle la doctrine sociale, c’est-à-dire la recherche de moyens pour atteindre le bien commun pour toute l’humanité. Et de conclure son discours en ces termes: "On décrit parfois les religions comme des communautés qui revendiquent de la part de l’Etat, de la société, un financement pour subsister. Certains penseurs catholiques ont justifié cette description. Celle-ci n’est pas juste, correcte, vraie. L’Eglise catholique a pour mission de promouvoir le bien commun de toute l’humanité, et pas seulement la subsistance de ses membres croyants. Je suis persuadé qu’avec cette grille de lecture, il y a moyen de retrouver la signification réelle des religions dans la société".
J.J.D.


