Ce lundi 19 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est prononcé à l'unanimité, sur un nouveau projet de résolution visant à garantir le bon déroulement des évacuations des civils et rebelles des quartiers est d'Alep.
On n'y croyait pas, tant lors de précédentes tentatives de protéger les civils dans l'est de la ville syrienne d'Alep avaient échoué en raison du véto de la Russie. Les 15 membres du Conseil de sécurité sont donc parvenus à un compromis pour amender un texte présenté par la France et menacé de veto, une fois encore, par la Russie. L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a estimé qu'il s'agissait "d'un bon texte". L'ambassadrice américaine Samantha Power s'attendait, elle à un "vote unanime" et c'est qui s'est produit.
C'est un tournant important qui laisse entrevoir, même de façon très fragile, l'espoir d'une issue diplomatique à la guerre qui a fait plus de 310 victimes en cinq ans et plus de 2 millions de déplacés. Pour le président de la République française, François Hollande, cet accord doit "ouvrir la voie au cessez-le-feu et à la négociation de la solution politique qui sont tant attendus par le peuple syrien et l'ensemble de la communauté internationale." En attendant, l'accord permet aux Aleppins de la partie est de la ville, pris en tenaille par les rebelles et les troupes du régime de Damas.
Peu avant le vote aux Nations-Unis, plus de 5.000 personnes avaient pu quitter le secteur, selon l'Afp. Les évacuations avaient débuté jeudi après un accord entre la Russie et la Turquie mais avaient été suspendues le lendemain par le régime syrien. Leur reprise n'a pas été officiellement annoncée lundi mais les convois de bus circulaient en continu. Depuis le début de ces évacuations, jeudi 15 décembre, au moins 14.000 personnes, dont quelque 4.000 insurgés, ont pu quitter le secteur à bord de bus en direction d'autres zones rebelles situées dans le nord du pays, estime l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Mais, il reste encore plus 7.000 habitants d'Alep-Est à évacuer.
Selon l'Afp, la dernière version de la résolution "demande à l'ONU et à d'autres institutions pertinentes de superviser de manière adéquate et neutre et de surveiller directement les évacuations des quartiers est d'Alep".
Espérons qu'ainsi s'ouvrira une nouvelle phase dans ce conflit et que la diplomatie finira par remplacer les armes pour le résoudre.
J.J.D. (avec agences)


