Pauvreté, inégalités, violences, exclusion, peur, repli sur soi, individualisme… marquent notre société. Face à cela, on peut céder au découragement. Pourtant, Vivre Ensemble nous rappelle durant cette campagne 2016: "Ensemble, on a le pouvoir de changer les choses!" Comme le font les trois associations présentées ici.
Le mot ‘crise’ fait partie du vocabulaire quotidien. Il faut l’admettre: nous sentons bien que quelque chose s’est gravement grippé dans le système. Notre société doit faire face à bien des défis. Or, la peur et l’incertitude peuvent nous inciter à nous replier, à préférer un "entre nous" qui exclut le plus pauvre, l’étranger, celui qui est différent, l’inconnu.
A l’approche de la fête de Noël, la période de l’Avent nous invite à réfléchir sur le sens de la fête de la Nativité. Il y a plus de 2.000 ans, saint Paul interrogeait les Corinthiens: "Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né. Ne le voyez-vous pas?" Cette question a des accents très actuels. De toute évidence, face à la tentation de se replier sur nous-mêmes, nous sommes conviés au contraire à l’ouverture: regarder, écouter, se parler, tendre la main vers l’autre pour construire ensemble notre maison commune. La peur et le repli nous paralysent et ne résolvent rien; ils orientent nos choix dans la mauvaise direction: celle du chacun pour soi et du rejet. Or, notre maison est une maison commune, notre destinée est aussi celle de toute l’humanité, qui, quels que soient ses errements, veut tendre vers le bien commun. Ce bien commun qui nous fait vivre est à la fois un cadeau et une responsabilité envers la Terre et envers nos frères et sœurs. Ce n’est qu’ensemble, tous ensemble, que nous serons capables de changer le monde pour qu’il soit fraternel et accueillant pour notre génération et les suivantes.
Promouvoir le bien commun
Le pape François l’a souligné dans sa récente encyclique Laudato Si’, et nous sommes de plus en plus nombreux à en prendre conscience et à le dire: les inégalités sociales, d’une ampleur inédite aujourd’hui, constituent pour notre planète un danger aussi grave que la crise écologique. La destruction de la planète et l’aggravation des injustices sociales vont de pair – elles se renforcent mutuellement; elles sont deux symptômes d’une culture prédatrice qui place le profit individuel avant le bien commun.
Ce bien commun n’a pourtant pas disparu: des hommes et des femmes s’en préoccupent chaque jour, ils s’engagent pour lui rendre des couleurs et le faire vivre localement. On pense ici aux initiatives de Transition, qui reprennent les rênes de la destinée de leur communauté (rue, village, quartier, commune, ville…) en misant sur l’entraide, la créativité et la coopération. Sur la force des citoyens quand ils mettent ensemble leurs compétences et leur enthousiasme pour faire changer les choses autour d’eux.
Mais, on songe aussi aux centaines d’associations locales qui accompagnent les personnes vivant dans la pauvreté ou l’exclusion. Pour ces dernières, mais aussi pour toute la société, ces associations sont la preuve que le "nous tous" peut être plus fort, plus efficace et plus joyeux que le "moi je". Insertion socioprofessionnelle, maisons d’accueil, écoles de devoirs, association de promotion du droit au logement, accompagnement social et administratif, aide alimentaire… Autant d’initiatives qui apportent, en plus de l’aide concrète, la chaleur humaine et l’amitié sans lesquelles la vie n’a pas de goût.
Pour sa campagne 2016, Vivre Ensemble soutient cette année 84 associations (grâce notamment aux collectes des 10 et 11 décembre) et nous avons choisi de présenter plus particulièrement trois d’entre elles.
Sommes-nous debout tous les jours?
Au-delà de l’aide matérielle, le travail quotidien de ces associations a un effet essentiel: celui d’aider les gens à se remettre debout, à retrouver prise sur leur vie et une place dans la société. Ne plus permettre que des êtres humains soient laissés au bord du chemin. Toutefois, d’autres questions taraudent: lorsqu’on a assez pour vivre, est-on d’office debout? A-t-on pour autant prise sur notre vie et l’avenir de notre société. Quand la violence aveugle frappe, quand l’emploi se précarise, quand les inégalités deviennent démesurées, quand la sécurité est de plus en plus sécuritaire et de moins en moins sociale, quand l’avenir s’assombrit de menaces climatiques, quand la jeunesse désespère… sommes-nous vraiment debout? Vivre Ensemble s’interroge: avons-nous l’impression d’être entendus par ceux qui nous gouvernent? De jouer un rôle dans la société? Ne nous sentons-nous pas les jouets des agences publicitaires qui nous disent ce que nous devons désirer, acheter, jeter, racheter? Par ailleurs, l’ONG nous interpelle: "Exerçons-nous tous un métier qui donne du sens à notre vie? Ne nous sentons-nous jamais prisonniers d’une routine, d’une mécanique qui nous conditionne? N’avons-nous pas tous au moins un peu besoin de nous remettre debout, de retrouver prise sur notre existence personnelle et collective?"
De toute évidence, ces questions nous touchent plus ou moins selon notre situation familiale, professionnelle, sociale… Mais elles interrogent globalement une société en crise durable, une société dont certains disent qu’elle touche à sa fin dans sa forme actuelle. Il vaut donc la peine de réfléchir à ce qui parfois nous "coupe les jambes" et à ce qui est susceptible de nous remettre, individuellement et collectivement, debout et en marche. Par notre action, notre participation, notre engagement ou notre solidarité financière, nous pouvons nous aussi contribuer au Bien commun, qui a beaucoup à voir avec le Royaume annoncé par Jésus.
J.J.D.
Pour sa campagne de l’Avent, Vivre Ensemble propose des outils de réflexion sur le Bien commun, une affiche, un conte de Noël, un dossier d’information et de réflexion, des pistes pour les célébrations… Info: www.vivre-ensemble.be ou 04 229 79 46.
Pour soutenir les associations, vous pouvez faire un don sur le compte BE34 0682 0000 0990 avec la communication 5930 (attestation fiscale pour tout don de 40€ minimum par an).

Pauvreté, inégalités, violences, exclusion, peur, repli sur soi, individualisme… marquent notre société. Face à cela, on peut céder au découragement. Pourtant, Vivre Ensemble nous rappelle durant cette campagne 2016: "Ensemble, on a le pouvoir de changer les choses!" Comme le font les trois associations présentées ici.
