Chaque année, plus de 80 jeunes s'investissent dans le service à autrui pour construire et se construire. «Ça m'a fait un bien fou! Dommage qu'on ne puisse participer qu'à une seule année citoyenne» (Belinda, de Liège).
Redonner aux jeunes la possibilité d'exercer concrètement leur citoyenneté tout en améliorant leurs statuts socio-professionnel et personnel, tout en leur permettant de se présenter et de vivre avec d'autres publics pour favoriser le développement associatif et renforcer les valeurs du vivre ensemble: tels sont les objectifs de l'année citoyenne Solidarcité.
Un projet collectif aux objectifs ambitieux pour les jeunes de 16 à 25 ans pendant 9 mois
Les jeunes volontaires s'engagent avant tout pour leur motivation individuelle, mais très vite ils s'approprient l'esprit collectif de ce projet, un travail qui se fait ensemble, en équipe, dans lequel chaque jeune est impliqué et en interaction avec les autres jeunes. De ce travail collectif, les jeunes retirent un enrichissement personnel et apprennent à vivre en groupe, à partager leur expérience et aussi à faire face aux difficultés que peut également engendrer la vie en communauté. Le but essentiel recherché – et atteint – est que les jeunes se réapproprient complètement le projet et participent ainsi entièrement à sa construction et sa réalisation. Chaque année citoyenne Solidarcité, c'est une moyenne de 43 projets par équipe qui sont concrétisés, les jeunes étant accompagnés en permanence par 23,1 équivalents temps-pleins.
Les jeunes «sur le terrain»
Ces 22, 23 et 24 novembre 2016, les jeunes de Solidarcité se sont retrouvés à la réserve naturelle domaniale de Genappe dans le Brabant wallon. Hormis deux équipes qui n'avaient pu se joindre à ces journées de partage et de travail en commun, ce sont plus de 50 jeunes qui ont travaillé tous ensemble, accompagnateurs inclus, au défrichage et à l'entretien de cet espace naturel. Tronçonneuses, scies, «huile de bras» surtout, les jeunes ont mis tout en œuvre pour effectuer ensemble les travaux d'aménagement du site, une des missions qui leur sont confiées. Un réel plaisir que de voir avec quel entrain ils effectuent leurs tâches! Et toujours dans la bonne humeur et dans une entente jamais mise en défaut.
«Ça fait un bien fou», confie Belinda, une jeune volontaire de l'équipe liégeoise. «Ça me permet de me rendre utile, et surtout de me sentir utile, car je participe à un travail collectif pour le bien de la collectivité. En plus, on se rencontre tous, de partout en Belgique, on apprend à mieux se connaître. Quel dommage qu'on ne puisse participer qu'à une seule année citoyenne!» Voilà la preuve par le témoignage d'une jeune que le projet est compris et les objectifs atteints.
Solidarcité a besoin de soutiens financiers et de reconnaissance officielle
Gaëlle Hubert, coordinatrice financière du Réseau, confie que si la Communauté française a reconnu l'asbl en son temps, il n'en va pas de même avec l'Aide et la Protection à la Jeunesse. En effet, si cet organisme travaille en collaboration avec l'asbl et lui confie des jeunes pour les années citoyennes, il n'a pas encore officiellement reconnu Solidarcité, et donc des subsides ne peuvent être accordés. Il est urgent que différents intervenants prennent le projet à cœur et puissent intercéder en faveur d'une reconnaissance méritée. De plus, il est rare que les médias présentent Solidarcité, ses différents projets, ses buts et sa philosophie.
Le Réseau Solidarcité travaille déjà avec différents partenaires financiers, mais il est aussi en recherche constante de fonds. Les partenariats se basent sur les 4 principes suivants: l'implication, l'information transparente et régulière, la réciprocité et la reconnaissance. Les aides peuvent bien évidemment provenir des entreprises comme du privé. N'hésitez pas à consulter ce lien vers la page du site consacrée aux formes de partenariats.
L'histoire du Réseau Solidarcité
Il faut se replonger plus de 25 ans en arrière pour comprendre la genèse des Années Citoyennes Solidarcité. Au départ, SOS Jeunes à Bruxelles accueille tous les jeunes mineurs en difficulté. Cependant, l'organisme doit souvent faire face à des demandes de grands adolescents ou jeunes adultes de 18 ans et plus. Mais SOS Jeunes ne peut prendre en compte ces sollicitations, ses statuts ne lui autorisant à s'occuper que de mineurs. Commence alors un projet de réflexion. Leurs recherches leur font connaître le projet français Uni-Cité, qui gère un programme de services volontaires en équipe ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans. Le projet d'ASMAE Année Citoyenne Solidarcité se développe au sein de SOS Jeunes, s'affine, se structure, et c'est finalement le 11 mai 2006 que Solidarcité devient une asbl indépendante. Afin de se faire reconnaître et de développer plus largement l'engagement citoyen des jeunes, l'asbl fonde en 2007 la Plate-Forme pour le Service Citoyen en collaboration avec ASMAE, Trans-Mission et la Fondation Benoît. L'année suivante, Solidarcité est reconnue comme organisation de jeunesse par la Communauté française de Belgique et crée une antenne à Liège. Le Réseau Solidarcité est né en 2010 et compte à présent 8 antennes et 10 équipes à Bruxelles, Liège, Ottignies, Braine l'Alleud, Charleroi, Jodoigne et Namur.
Philippe Baldelli


