A l’occasion de l’audience générale du 12 octobre 2016, le pape François a demandé "un cessez-le-feu immédiat" en Syrie, pour permettre l’évacuation des civils. Le pontife a également appelé les quelque 32.000 fidèles présents place Saint-Pierre à être les signes et les instruments de la miséricorde.
La situation dramatique en Syrie, et notamment dans la ville d'Alep, où les bombardements se poursuivent inlassablement, ne cesse d'inquiéter le souverain pontife depuis très longtemps. Un des signes qui témoignent de sa préoccupation pour la population syrienne, est la décision de créer cardinal l'actuel nonce apostolique à Damas. Un geste symbolique fort qui montre combien le pape souffre et prie pour le peuple syrien.
A Alep, la situation devient chaque jour de plus en plus catastrophique. Les morts se comptent par centaines et les habitants sont privés de nourritures et de médicaments, notamment. La ville est devenue un des symboles de la guerre qui déchire la Syrie depuis mars 2011.Des bombardements sur les quartiers rebelles d'Alep, les plus violents depuis plusieurs jours, ont tué mardi au moins 25 civils, alors que cinq écoliers ont péri dans une attaque rebelle dans le sud de la Syrie. Depuis le 22 septembre, début d'une offensive de l'armée syrienne, appuyée par son allié russe, des centaines de personnes, en grande majorité des civils, y ont perdu la vie dans des bombardements particulièrement violents. Raison pour laquelle, le pape François a donc lancé ce nouvel appel de paix pour la Syrie, demandant un cessez-le-feu immédiat, "au moins le temps d'évacuer les civils, et en particulier les enfants, victimes des bombardements". Réaffirmant sa solidarité envers toutes les victimes, le pontife a exhorté les responsables à trouver au plus vite un accord pour ce cessez-le-feu. Sur le plan diplomatique, la communauté internationale se montre toujours incapable de s'entendre pour faire cesser le bain de sang dans les quartiers rebelles d'Alep, où vivent plus de 250.000 personnes qui sont assiégées depuis plusieurs mois.
"C'est avec un sentiment d'urgence que je renouvelle mon appel, en implorant de toutes mes forces les responsables, afin que soit assuré un cessez-le-feu immédiat, qui soit imposé et respecté, au moins le temps nécessaire pour permettre l'évacuation des civils, en premier lieu des enfants qui sont encore piégés sous des bombardements sanglants", a déclaré François.
Révolution culturelle
Auparavant, le pape a axé sa catéchèse hebdomadaire sur les petits gestes à réaliser pour être miséricordieux, en commentant l’évangile selon saint Matthieu (25, 31-36). "Il ne s’agit pas d’accomplir de grands efforts ou des gestes surhumains, a-t-il rappelé, mais plutôt de petits gestes qui ont une grande valeur aux yeux du Seigneur". Ces derniers permettent alors d’être, pour les autres, les signes et les instruments de la miséricorde.
Les petits gestes dont parle le pape François sont les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. "Véritable remède contre le virus de l’indifférence", le pontife a recommandé d’accomplir tous les jours une œuvre de miséricorde. "Je suis convaincu qu’à travers ces petits gestes quotidiens, nous pouvons accomplir une vraie révolution culturelle dont notre monde indifférent a besoin."
Il existe sept œuvres de miséricorde corporelles: vêtir celui qui est nu; donner l’hospitalité; visiter les malades et les prisonniers; nourrir ceux qui ont faim; donner à boire à ceux qui ont soif; ensevelir les morts. Les œuvres spirituelles sont également au nombre de sept: instruire les ignorants; prier pour le prochain; consoler les affligés; reprendre les pécheurs; supporter celui qui est à charge; conseiller son prochain dans le doute; pardonner les offenses.
Au début de l’audience générale, le pape François avait effectué, avec quelques minutes d’avance, son traditionnel tour de papamobile au milieu de la foule place Saint-Pierre. Quatre enfants avaient pris place avec lui dans la papamobile.
J.J.D. (avec cath.ch et agences)
