Un nouveau secrétaire général pour les évêques de l’Union européenne


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Un nouveau secrétaire général pour les évêques de l’Union européenne
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
3 min

Ce 1er septembre, le frère Olivier Poquillon prend ses fonctions de Secrétaire général de la COMECE, la Commission des Episcopats de l’UE. Portrait.

Olivier_PoquillonLe frère Olivier Poquillon, dominicain, a fait des études en droit international public. Ordonné prêtre il y a 15 ans, il a œuvré comme aumônier militaire dans les Balkans, en Afrique et au Moyen Orient, puis il a représenté l'Ordre des dominicains auprès des Nations Unies. Pour mieux le connaître, la revue "Europe infos" l'a interviewé. En voici quelques extraits.

"L’Europe des 28 aurait tout à gagner à prendre davantage conscience de sa spécificité et à étendre cette forme de dialogue constructif aux 165 autres Etats de l’ONU. L’Europe peut être fière d’avoir apporté à sa population des décennies de paix. Si elle veut casser son image sans âme de «bailleur de fonds» et de «donneur de leçons», elle doit sans doute s’expliquer davantage et prendre le risque de nouer de nouveaux partenariats plus équitables au bénéfice de tous.

Comme l’Eglise ne cesse de les y inviter, l’UE, et les Nations Unies ont un défi commun à relever: replacer la personne humaine au cœur des politiques publiques. Ce mouvement passe sans doute par la revalorisation de la subsidiarité, de la participation, de la responsabilité partagée au service du bien commun. Dans la règle de saint Augustin, qui venait de l’autre rive de la Méditerranée, il est écrit: «Ce qui concerne tous doit être décidé par tous.»

Vous entamez votre mandat de secrétaire général de la COMECE dans une période pleine de défis, aussi bien pour l’Europe que pour l’Eglise. Qu’attend-on de l’Eglise en Europe, selon vous? Quelles attentes l’Eglise a-t-elle vis-à-vis de l’Union européenne?

Drapeau européenIl y a aujourd’hui une crise de confiance vis-à-vis des institutions en général et des institutions européennes en particulier. L’Eglise est fondée sur la foi, c’est-à-dire sur la confiance. Je pense que les récents attentats en Europe ont montré sa capacité à permettre aux personnes de reprendre confiance et de refaire le choix de vivre ensemble.

Le peuples d’Europe se posent deux grandes questions: «Qu’avons-nous en commun?» mais surtout «Que voulons-nous nous faire ensemble? Quels sont nos projets communs?» L’Eglise peut accompagner les acteurs politiques dans leur interrogation sur la manière de mieux servir leurs concitoyens. La crédibilité de nos institutions repose sur leur capacité à être perçue comme étant véritablement au service des personnes dans leur vie quotidienne.

Vous-même, quelles attentes et quels espoirs avez-vous dans la nouvelle mission qui vous est confiée?

Servir le dialogue entre les institutions européennes et l’Eglise catholique en Europe est un vrai défi dans le contexte actuel. J’espère que la crise que nous traversons sera une occasion d’aborder courageusement les vraies questions pour rebondir et aller de l’avant.

L’Europe, c’est avant tout un territoire, un continent et des peuples qui vivent dessus. Il s’agit maintenant pour les hommes et les femmes qui y vivent, de réfléchir et de décider de qu’ils veulent faire ensemble.

En retissant du lien social, en partageant son expertise de terrain, en redonnant du sens et en bâtissant des ponts avec les personnes de bonne volonté, l’Eglise peut certainement apporter une contribution de valeur à la construction du bien commun en Europe.

Michael Kuhn et Johanna Touzel (COMECE)

Lire l'intégralité de l'interview sur Europe Infos

Catégorie : International

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