Euthanasie d’un mineur pour la première fois depuis 2014


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Euthanasie d’un mineur pour la première fois depuis 2014
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

euthanasie 2Pour la première fois depuis l'adoption de la loi étendant l'accès à l'euthanasie aux mineurs, un jeune a eu recours à celle-ci.

L'information est sortie ce week-end dans la presse. Un mineur souffrant d'une maladie en phase terminale a été euthanasié à sa demande dans notre pays.

Rappelons que la loi sur l'euthanasie existe en Belgique depuis 2002. En 2014, le Parlement a voté une extension de celle-ci, donnant le droit à l'euthanasie aux mineurs atteints d'une maladie incurable et dont les souffrances sont insupportables et ne peuvent être apaisées. Mais, la loi est stricte: cette faculté est donnée aux "mineurs en capacité de discernement", capacité évaluée par une équipe de médecins et de psychologues". C'est l'enfant ou l'adolescent qui doit prendre l'initiative de demander une euthanasie. Les parents doivent également donner leur consentement.

Le professeur Wim Distelmans, président de la Commission fédérale belge de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie, a souligné que de tels cas de figure demeurent exceptionnels et sont réservés aux cas désespérés. L'adoption de cette extension de la loi avait soulevé un tollé dans une partie de l'opinion publique en Belgique et à l'étranger.

Pour le professeur Wim Distelmans, les critiques sont injustifiées, car il y a très peu d'enfants qui sont admissibles pour une euthanasie, "mais cela ne signifie pas que nous devrions leur refuser le droit à une mort digne". Il faut rappeler que le professeur Distelmans est proche de l'Association pour le Droit à mourir dans la dignité (ADMD), dont la présidente Jacqueline Herremans, s'est "réjouie" de ce premier cas, dans les colonnes du journal Le Soir.

Grande tristesse

Interrogé par de nombreux médias, notamment étranger, l'attaché de presse de la Conférence épiscopale, le père Tommy Scholtes sj, nous a déclaré que le premier sentiment des évêques face à ce cas, est "une grande tristesse". Il rappelle que durant les débats sur l'extension de la loi, l'Eglise n'a cessé de clamer son opposition. Pour l'Eglise, les soins palliatifs sont la manière d'accompagner la fin de vie. A l'époque du vote de la loi, les évêques avaient aussi alerté contre le danger d'une banalisation de l'euthanasie comme l'ont fait aussi d'autres confessions.

Le père Scholtes précise encore que dans notre pays, où la séparation de l'Eglise et de l'Etat existe, les évêques peuvent exprimer leur désaccord sur une loi, même si elle est votée par une majorité de parlementaires.

J.J.D.

Lire aussi: Euthanasie d’un mineur en Belgique: La Commission de bioéthique de la CES réagit

Catégorie : Belgique

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