Vu de Flandre : Des cours de religion « plus religieux »


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Vu de Flandre : Des cours de religion « plus religieux »
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

crucifix_ecoleLes évêques flamands souhaitent "renforcer" les cours de religion. Leur proposition pour remédier au manque criant de culture religieuse chez les élèves a fait bondir - comme d’habitude - certains hommes politiques au nord du pays.

Après la polémique du mois de mai, suscitée par un article particulièrement peu nuancé sur "l’école du dialogue" dans le quotidien De Morgen, l'enseignement catholique en Flandre est une nouvelle fois au cœur des débats, en cette rentrée scolaire. "Ils veulent des cours de religion plus religieux", reprenait la presse sur la base d’un courrier de Mgr Johan Bonny, président de l’Instance pour le cours de religion catholique dans l’enseignement de la Communauté flamande, publié sur le net. La lettre des évêques était évidemment bien plus riche que les raccourcis dont les médias raffolent. Le projet des cours de religion catholique approuvé par les évêques il y a vingt ans, préconisait une double mission: travailler à l'apprentissage de la religion et du christianisme en renforçant dans le même temps la capacité des élèves à s’engager dans un dialogue respectueux sur les réalités spirituelles, religieuses, éthiques et convictionnelles. "Cette intuition d’il y a vingt ans n’est pas remise en question!": la lettre de Mgr Johan Bonny ne peut être plus claire. "Mais comme les temps ont changé, il faut oser évaluer comment arriver à répondre à ce double objectif." Ce n’est pas un hasard si la première considération des évêques pour accompagner cette évaluation porte sur le manque de connaissances des jeunes générations de leur propre tradition culturelle et religieuse. Des élèves, par exemple, ne savent plus "qui est cette dame en robe bleue et blanche" dont la statue est dressée dans l’entrée principale de leur école. Il est donc évident que c’est le pendant cognitif de la religion que les évêques veulent voir renforcer dans les cours de religion, sans pour autant perdre de vue que ce matériel cognitif doit être présenté "dans une démarche communicative et en dialogue permanent avec les autres convictions, confessions, dénominations chrétiennes ou religions." Le projet de "l’école du dialogue" n’est nullement remis en question mais il est indispensable qu’on comprenne mieux d’où émane ce dialogue.

Un début de polémique

En détaillant d'emblée la procédure envisagée, les évêques ont évité que la polémique ne prenne de l'ampleur. Un groupe de travail de vingt experts (dont des inspecteurs et des professeurs de religion, des théologiens et des professeurs de didactique) sera mis sur pied. Celui-ci devra présenter un rapport pour Pâques 2017.

Mais les élus de la N-VA ont évidemment lu dans la démarche des évêques une "correction" de la piste de l’école du dialogue que Bart De Wever avait fortement critiquée au début de l'été en déclarant que "l’enseignement catholique bradait le catholicisme". C'est cependant surtout les partisans de la "laïcité à la française" qui se sont fait entendre cette fois-ci. Jean-Jacques De Gucht, sénateur Open VLD, a estimé que "les évêques veulent faire des professeurs de religion des missionnaires". En oubliant que la séparation de l’Eglise et l’Etat va dans les deux sens, le parlementaire flamand plaide en faveur d'une suppression des cours de religion… même dans l’enseignement catholique.

Benoit LANNOO

Catégorie : Belgique

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