Le seul nom du Bois du Cazier, où qu’il soit prononcé dans le monde, continue toujours, soixante ans après cette terrible catastrophe, à susciter une grande émotion.
"Tous ceux qui se souviennent du 8 août 1956 s’accordent pour dire que le ciel était bleu ce matin-là et que la journée s’annonçait superbe sur les hauteurs de Marcinelle, dominées par les chevalements métalliques du charbonnage du Bois du Cazier", rapporte Francis Groff, journaliste, dans une récente publication collective à la Renaissance du Livre.
Et pourtant, ce funeste jour-là, quelques minutes après 8h, et alors que les 274 mineurs de cette pause étaient descendus dans les profondeurs de la terre pour rejoindre, à l’étage 975 et 1035, leur poste de travail, le feu se déclara suite à un problème d’encagement d’un wagonnet.
Malgré les inlassables efforts d’une centaine de sauveteurs qui, au péril de leur vie, descendirent, plusieurs jours durant, au plus profond dans le puits d’extraction en feu, 262 mineurs, dont 163 de nationalité italienne, périrent asphyxiés par le monoxyde de carbone.
Ce fut – et cela reste – la plus grande catastrophe industrielle que connut notre pays.
Les mineurs italiens, en provenance surtout des Abruzzes et des Pouilles, furent, de très loin, les victimes les plus nombreuses de cette tragédie minière.
Ne jamais oublier
En cette année qui commémore le 60e anniversaire du drame, des initiatives, de toute nature (publications, expositions, colloques…), ont été prises "afin que les plus jeunes générations n’oublient pas ces hommes qui, au corps à corps avec la matière, au péril même de leur vie, ont construit le socle de notre prospérité", rappelait récemment l’ancien ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe, actuel président de l’asb Le Bois du Cazier.
Sur le site même, restauré et ouvert au public depuis 2002, également classé depuis 2012 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, pas moins de trois musées, consacrés à la trilogie "charbon-fer-verre", donne à voir l’approche industrielle du pays de Charleroi.
Parmi les nouveautés de cette année 2016, on notera le retour, après restauration et rééquipement à l’identique, du vieux Dodge (1955) de la Centrale de Sauvetage de Marcinelle dont la première intervention se fit le 8 août 1956 sur le carreau du Cazier.
Le Musée de la Photo de Charleroi consacre, pour sa part, une salle aux très émouvantes images captées "à chaud" par les objectifs de Camille Detraux et Raymond Paquay, sans oublier quelques clichés, inédits à ce jour, du photographe américain Freed, dépêché à Marcinelle au moment des funérailles.
Hugo Leblud
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