Les sœurs carmélites d’Alep, au nord-ouest de la Syrie, ont choisi de rester dans leur couvent, en dépit des bombardements continus qui ravagent la ville.

Les religieuses ont lancé un appel à l’assistance auprès de l’Aide à l’Eglise en détresse (AED), rapporte le 5 août 2016 le quotidien britannique Catholic Herald. “Les bombes tombent tout autour de nous, mais nous ne laisserons pas les habitants seuls dans cette souffrance”, a indiqué Sœur Anne-Françoise à l’œuvre d’entraide catholique.
Le couvent carmélite est situé dans les faubourgs d’Alep, une zone assiégée. “Chaque fois que l’armée syrienne essaye d’empêcher l’opposition et d’autres groupes d’entrer dans la ville, les bombes et les obus tombent vraiment tout près”, souligne la religieuse. Située au nord de la Syrie, cette deuxième plus grande ville du pays fait l’objet depuis des années de conflits armés entre le gouvernement et les groupements des rebelles dominés par les djihadistes.
Plus que 40.000 chrétiens à Alep

(c) A.E.D
D’après les sœurs, de nombreux résidents d’Alep, y compris chrétiens, ont quitté la ville depuis que la guerre a commencé en Syrie, et seuls les plus pauvres sont restés. Elles ont offert le refuge à des familles dont la maison a été détruite.
La situation dans la capitale économique de Syrie est très difficile. “Nous n’avons pas d’eau, pas d’électricité et les combats sont incessants. Qui pourrait penser à revenir dans ces conditions?”, note Sœur Anne-Françoise. Seulement 40.000 chrétiens résideraient encore à Alep, alors qu’ils étaient 160.000 avant la guerre.
Appel permanent d'A.E.D.
"Le monde ne doit pas oublier Alep", lançait récemment Johannes von Heereman, président de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique "L’Aide à l’Église en détresse", en appelant à venir en aide aux habitants d’Alep touchés par la guerre. "La réalité est que les chrétiens de Syrie sont en train de disparaître sous nos yeux. Bien entendu, les chrétiens ne sont pas les seuls à souffrir. Tous les habitants de la ville sont touchés. Resterons-nous les bras croisés tandis que les êtres humains souffrent et meurent ?", affirme le baron von Heeremann. La chaîne de prière et de solidarité est toujours aussi nécessaire.
A.-F. de Beaudrap (avec cath.ch)

