Les habitants d’Alep se préparent à une nouvelle semaine dramatique. Après sept jours de combats qui ont vu les rebelles et djihadistes ouvrir une brèche dans le siège imposé par le régime, les deux camps ont dépêché d’importants renforts lundi.
C’est donc une bataille cruciale qui semble se préparer, et les premières victimes risquent encore d’être les populations civiles. Dimanche dernier, à l’issue de la prière de l’angélus, le pape François a de nouveau exprimé sa proximité avec les populations syriennes et en particulier celles d’Alep, s’insurgeant face à l’inertie des grandes puissances. "Il est inacceptable que tant de personnes sans défense – et aussi tant d’enfants – doivent payer le prix du conflit, le prix de la fermeture du cœu"r, a-t-il insisté en improvisant "et du manque de volonté de paix des puissants". Et de conclure: «Nous sommes proches des frères et sœurs Syriens par la prière et la solidarité, et nous les confions à la protection maternelle de la Vierge Marie."
Ces propos ont été salués par Mgr Mario Zenari, nonce apostolique à Damas. Interrogé par Radio Vatican, le prélat est revenu sur la situation humanitaire dans le pays et a demandé la mise en place d’une trêve le plus rapidement possible.
Les combats autour d’Alep ont fait plus de 130 morts parmi les civils en une semaine, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), organisme basé à Londres. Samedi 6 août, les rebelles et les djihadistes auraient brisé le siège imposé par le régime aux quartiers est de la ville sous leur contrôle. D’après l’OSDH, ils auraient même encerclé leurs adversaires et menaceraient les routes d’approvisionnement des quartiers ouest. L’armée syrienne a admis cette avancée et s’est redéployée au sud-ouest de la ville.
François a à de très nombreuses reprises fait part de sa douleur face à la situation syrienne. Il n'a eu de cesse depuis le début de son pontificat en 2013 de lancer des appels à la paix. Dans un message vidéo publié le 5 juillet à l’occasion d’une campagne de Caritas Internationalis, il affirmait: "la paix est possible en Syrie" et redisait également sa compassion envers le peuple syrien "contraint à survivre sous les bombes et à fuir vers d’autres pays ou zones en Syrie moins déchirées par la guerre."
En juin, le Vatican a accueilli neuf réfugiés syriens grâce au couloir humanitaire mis en place par le gouvernement italien, la Communauté catholique de Sant'Egidio, la Fédération des Églises protestantes en Italie et l’Église vaudoise. Après sa visite sur l’île de Lesbos, le pape avait déjà ramené à Rome trois familles de réfugiés.
D'après Radio Vatican

