
(c) Croix-Rouge
Au lendemain du violent séisme qui a frappé le centre de l’Italie, la population est toujours sous le choc, les quatre villages les plus touchés sont depuis mercredi matin sans eau ni électricité. La machine des secours d’urgence s’est mise en place.
"Nous allons avoir besoin d'aide matérielle parce que nous sommes complètement isolés", explique le maire d'Accumoli, Stefano Petrucci, dans le journal italien La Stampa. Quelques heures après le séisme de magnitude 6,2, les organisations humanitaires internationales se mobilisent. La Croix-Rouge a par exemple fait savoir que plus de 420 secouristes étaient déjà mercredi soir sur le terrain des villes dévastées et 100 autres étaient en route.
Sur place, des villages de tentes ont été installés pour permettre à tous ceux qui ont perdu leur maison de trouver un abri provisoire pour passer la nuit. Mais le bilan, toujours provisoire s'est aggravé. Il serait de 247 morts au moins, et il y a encore des personnes sous les décombres. Les villages les plus touchés sont Accumoli où les chiens renifleurs ne détectent plus de présence vivante sous les décombres, Arquata, Pescara del Tronto et Amatrice. C’est cette dernière localité, la plus grande avec ses 2.600 habitants, qui préoccupe le plus, 24 heures après le séisme. Mercredi soir, la sécurité civile annonçait que 100 personnes étaient toujours portées disparues.
Des nouvelles secousses
Plus de 300 répliques ont été enregistrées ces dernières 24 heures, avec plus ou moins d’intensité, dont une jeudi matin à 5h15 vivement ressentie. Ces répliques sont normales, expliquent les spécialistes. Elles vont durer certainement plusieurs jours, mais elles sont également dangereuses car elles risquent de provoquer l’effondrement des édifices restés partiellement debout et surtout, elles peuvent atteindre les secouristes engagés dans les opérations.

(c) Italian Red Cross
Pour les habitants de toutes ces localités du centre de l’Italie, il s'agit déjà de la deuxième nuit en extérieur, parce que le séisme les a fait se précipiter dans la rue souvent en pyjama mercredi à 3h36 du matin, heure de la secousse dévastatrice de magnitude 6.0. Ils sont restés dehors toute la journée, et n’ont cessé de chercher des proches, des amis, des voisins, comme pour tenter de reconstituer un entourage avec lequel chercher un peu de réconfort. Dans la soirée, la sécurité civile a mis à disposition des tentes pour la nuit. Beaucoup ont dormi également dans le gymnase d'Amatrice, mais la plus grande partie des rescapés a préféré passer la nuit à plusieurs kilomètres de là, dans de la famille, chez des amis ou hébergés chez par des personnes qui ont partagé leur domicile en leur offrant temporairement une chambre pour dormir.
Une réponse gouvernementale rapide
C’est toute l’Italie qui s’est très rapidement mobilisée. Le Premier ministre Matteo Renzi s’est rendu sur place en fin d’après-midi ce 24 août. Il réunira jeudi soir un conseil des ministres extraordinaire pour chiffrer des premières interventions. Un fond de 234 millions d’euros doit être rapidement débloqué. Les banques ont également annoncé mettre à disposition des familles et des entreprises un fond de 250 millions d’euros pour la reconstruction et le redémarrage de l’activité professionnelle. Concernant les secouristes, ils affluent de toute l'Italie, et même du Vatican. Une équipe de pompiers a quitté le Saint Siège pour participer aux opérations de secours à Amatrice, et collabore avec la Sécurité Civile italienne pour la recherche et l'assistance aux victimes.
A.-F. de Beaudrap (d'après Radio Vatican)
La Croix-Rouge de Belgique fait appel aux dons financiers pour aider l'Italie sur le compte d’urgence BE72-00000000-1616.

