Le pape, seul, en prière silencieuse: c’est l’image marquante de cette deuxième visite du Saint-Père à Assise ce jeudi 4 août, à l’occasion des 800 ans du Pardon d’Assise.
Près de trois ans après un déplacement très dense, le 4 octobre 2013, le pape François a cette fois effectué une visite brève et symbolique, de deux heures seulement, sur les pas de saint François, dans cette modeste chapelle de pierre où le "Poverello" a reçu sa conversion, fondé l’Ordre des Frères Mineurs, et choisi de mourir, pauvre parmi les pauvres.
Accueilli par un tapis de fleurs rappelant "François, témoin d’humilité, exemple de paix et d’accueil", le Saint-Père est entré seul, dans la grande basilique déjà pleine de Sainte-Marie-des-Anges dans la plaine d’Assise. C’est devant ces 3000 pèlerins, fidèles et Franciscains que le pape a commenté l’Évangile de saint Matthieu. Le pontife argentin a invité chacun à pardonner comme Dieu miséricordieux nous l’a enseigné.
"Je désire vous envoyer tous au paradis !" Devant les nombreux fidèles, le pape François a rappelé ces paroles prononcées par saint François à la "Portioncule" il y a 800 ans. Et pour "rejoindre cette place au Paradis", a-t-il dit, "le chemin du pardon est certainement le chemin principal à suivre". Commentant la parabole racontée par Jésus à Pierre, il interroge : "pourquoi devrions-nous pardonner à une personne qui nous a fait du mal ?"
"Le monde a besoin de pardon"
Dans le récit évangélique, un serviteur dont la grande dette est annulée par son, roi par pitié, ira pourtant s’en prendre à celui qui lui doit une somme d’argent. "Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : 'Rembourse ta dette'"... "Dans cette scène, nous trouvons tout le drame de nos relations humaines", déplore le pape. "Quand nous sommes, nous, en dette avec les autres, nous voulons la miséricorde; quand, au contraire, nous sommes créanciers nous invoquons la justice! Acceptons-le, cela nous le faisons toujours, mais ça ne peut être le style de vie des chrétiens" insiste le Saint-Père. Car quand "Jésus nous enseigne à pardonner", c’est pour le faire sans limites.
"Parce qu’en premier nous avons reçu le pardon, et infiniment plus." "C’est la caresse du pardon" poursuit le pape, et la parabole nous dit exactement cela: comme Dieu est patient, "comme il nous pardonne, de même nous devons nous aussi pardonner à qui nous fait du mal".
"Nous savons bien, que nous sommes pleins de défauts et que nous retombons souvent dans les mêmes péchés" interpelle le Souverain pontife. Mais "Dieu ne se lasse pas d’offrir toujours son pardon chaque fois que nous le demandons. C’est un pardon plein, total". Une indulgence plénière comme saint François l’avait demandé au pape Honorius III en 1216, à la Portioncule d’Assise. En cette Année de la miséricorde, ce "pardon peut vraiment renouveler l’Église et le monde", car aujourd’hui encore, "trop de personnes vivent enfermées dans la rancœur et couvent la haine, parce qu’incapables de pardon, ils ruinent leur propre vie et celle des autres au lieu de trouver la joie de la sérénité et de la paix". "Le monde a besoin de pardon" ajoute le pape.
François conclut en répétant deux fois cette phrase :"Offrir le témoignage de la miséricorde dans le monde d’aujourd’hui est une tâche à laquelle personne d’entre nous ne peut se soustraire."
Pendant son déplacement, le pape François a confessé 19 personnes dont plusieurs jeunes scouts. Il a aussi rencontré l’imam de Pérouse, qui était présent cet après-midi à Assise.
Source: Radio Vatican
Photo: capture CTV

