Le pape François à Auschwitz-Birkenau


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Le pape François à Auschwitz-Birkenau
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Capture Auschwitz 2A l'occasion de son voyage apostolique en Pologne, en marge des JMJ, le pape François a voulu se rendre sur le site du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. 1,5 millions de personnes, pour la plupart Juifs, y ont été exterminées par les nazis au cours de la seconde guerre mondiale. Une démarche personnelle et spirituelle du pape.

C'est une étape très émouvante et forte que le pape François a effectuée ce vendredi matin en Pologne. Le Saint-Père s'est rendu au camp d'Auschwitz, situé à une cinquantaine de kilomètres de Cracovie, lieu qui symbolise l'horreur nazie.

Le pape est arrivé seul, à pied, dans le camp. Il est passé sous la tristement célèbre porte en fer forgée où figure l'inscription que les nazis avaient choisie: "Arbeit Macht Frei", "le travail rend libre", avant de parcourir quelques mètres en voiturette et d'aller s'asseoir sur un banc, pour prier de longues minutes en silence. François s'est ensuite rendu devant le bloc numéro 11, là où les nazis fusillaient les prisonniers. Dans la cour, le Saint-Père a salué onze survivants du camp de concentration, parmi lesquels trois centenaires, les écoutant et les embrassant, un par un. Le pape est allé ensuite poser une bougie devant le mur d'exécution.

François s'est ensuite rendu à l'intérieur du bâtiment du bloc 11 pour se recueillir dans "la cellule de la faim", celle où fut emprisonné saint Maximilien Kolbe, franciscain polonais qui offrit sa vie pour sauver celle d'un père de famille. Le père Kolbe mourut le 14 août 1941 d'une injection mortelle. Le Saint-Père a signé un livre d'or : "Seigneur, prend pitié de ton peuple! Seigneur, pardon pour tant de cruauté!" a écrit le Saint-Père.

"Seigneur, pardon pour tant de cruauté !"

Le pape s'est ensuite rendu à Birkenau, à 3 km. C'est là que la machine d'extermination nazie a été la plus planifiée, avec la présence des fours crématoires et de nombreuses chambres à gaz. François s'est recueilli devant le monument aux victimes des Nations, une stèle inaugurée en 1967. Devant le monument, cette inscription est gravée en 23 langues: "Que cet endroit soit pour toujours un cri de désespoir et un avertissement pour l'humanité, où les nazis tuèrent près d'1,5 million d'hommes, de femmes et d'enfants, pour la plupart Juifs, provenant de plusieurs pays d'Europe. Auschwitz-Birkenau 1940-1945".

Alors que le pape se recueillait, le grand rabbin de Pologne a chanté en hébreu le psaume 130 qui commence ainsi: "Du fond de l'abîme je crie vers toi, Yahweh. Seigneur, écoute ma voix; que tes oreilles soient attentives aux accents de ma prière!". Le psaume a ensuite été lu par le curé de la paroisse de Markowa, un village situé à l'Est de Cracovie où vécut 1 famille de "Justes" catholiques exterminée en mars 1944. Après ce moment de recueillement, François a salué 25 "Justes parmi les Nations", des personnes qui ont sauvé des Juifs de l'extermination.

Il s'agit de la troisième visite d'un Souverain pontife à Auschwitz, après celle effectuée par Jean-Paul II le 7 juin 1979, et celle de Benoît XVI le 28 mai 2006. A cette occasion, le pape allemand avait évoqué "une vallée obscure de l'humanité".

pope

Demander "le don des larmes"

Dans l’avion qui le ramenait à Rome au terme de son voyage en Arménie, le pape François avait indiqué qu’il visiterait Auschwitz-Birkenau en silence, sans discours, demandant au Seigneur "le don des larmes". Le 26 mai 2014, depuis le mémorial de la Shoah de Yad VaShem à Jérusalem, le pape avait prononcé un très beau discours sous forme de prière. Un texte rempli d’interrogations face la "tragédie incommensurable de l’Holocauste".

« Où es-tu, homme ? Où es-tu passé ? En ce lieu, mémorial de la Shoah, nous entendons résonner cette question de Dieu : « Adam, où es-tu ? ».

"En cette question il y a toute la douleur du Père qui a perdu son fils. Le Père connaissait le risque de la liberté; il savait que le fils aurait pu se perdre. Mais peut-être, pas même le Père ne pouvait imaginer une telle chute, un tel abîme! Ce cri : 'Où te trouves-tu ?', ici, en face de la tragédie incommensurable de l’Holocauste, résonne comme une voix qui se perd dans un abîme sans fond. Homme, qui es-tu? Je ne te reconnais plus". Et dans le livre d’or de Yad Vashem, le Saint-Père avait inscrit ses mots : "Seigneur plus jamais, plus jamais !"

Source: Radio Vatican

Photo: le pape François au camp d'Auschwitz-Birkenau, capture CTV; (c) pope2016.com

Catégorie : Eglise Belgique

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