Dès son arrivée à Cracovie, ce mercredi 27 juillet, le pape François a été reçu officiellement dans la "cité" de Wawel, où il a prononcé un discours à l'attention des autorités polonaises. Un peu plus tard, à la cathédrale, le Saint-Père s'est adressé aux évêques de Pologne, à huis clos.
Dans son premier discours sur le sol polonais, le pape François a appelé le président conservateur Andrzej Duda, et le pays tout entier, à "un supplément de sagesse et de miséricorde pour dépasser les peurs", en matière d’accueil des migrants. Le pape s'adressait aux responsables politiques polonais, aux représentants de la société civile, et au corps diplomatique, sur la colline du Wawel, haut-lieu de l'histoire de l'Eglise et du peuple polonais.
Dans son discours, le pape a d'ailleurs loué la mémoire du peuple polonais, rappelant que celui-ci avait traversé des tempêtes et des obscurités au fil de l’histoire. Il a alors encouragé "la noble nation polonaise" à "faire grandir la mémoire bonne et laisser tomber la mauvaise", en assurant que "la conscience du chemin accompli et la joie pour les objectifs atteints donnent force et sérénité pour affronter les défis du moment". Ces défis, a-t-il poursuivi, "demandent le courage de la vérité et un engagement éthique constant".
Un supplément de sagesse et de miséricorde pour dépasser les peurs
Alors que le pays se montre particulièrement réticent à l’accueil des migrants, le Souverain pontife a demandé aux autorités de faire montre d'"un supplément de sagesse et de miséricorde, pour dépasser les peurs et réaliser le plus grand bien". "Il faut la disponibilité pour accueillir tous ceux qui fuient la guerre et la faim; la solidarité envers ceux qui sont privés de leurs droits fondamentaux, parmi lesquels celui de professer en liberté et sécurité leur propre foi", a insisté le pape. loin de toute naïveté, il a aussi affirmé qu’il convenait de "trouver des solutions aux conflits et aux guerres qui contraignent tant de personnes à laisser leur maison et leur patrie".
François a conclu son discours en plaidant en appelant à des politiques sociales en faveur de la famille, cellule première et fondamentale de la société, jugeant qu’il fallait davantage venir en aide aux plus faibles et aux plus pauvres, et les soutenir dans l’accueil responsable de la vie. Le pape a ainsi demandé à l’Etat, à l’Eglise et à la société "d’accompagner et d’aider concrètement quiconque se trouve en situation de graves difficultés, afin qu’un enfant ne soit jamais perçu comme un poids mais comme un don, et que les personnes les plus fragiles et pauvres ne soient pas abandonnées".
Rencontre avec les évêques de Pologne
Après son intervention au palais du Wawel, le pape s’est entretenu en privé avec le chef de l’Etat, Andrzej Duda. Il s’est ensuite rendu dans la cathédrale du Wawel toute proche, accueilli par l’archevêque de Cracovie, le cardinal Stanislaw Dziwisz, ancien secrétaire particulier de Jean-Paul II. Dans ce véritable sanctuaire de la nation polonaise, le pape François a longuement rencontré, à huis clos, les quelque 130 évêques polonais.
Le président de la Conférence des évêques de Pologne, Mgr Stanislaw Gadecki, a indiqué par la suite que le Saint-Père et les évêques avaient abordé les questions de la sécularisation en Europe, des œuvres de miséricorde, de l’intégration des mouvements dans la vie paroissiale, et de l’accueil des réfugiés.
Lors d’une rencontre avec la presse, Mgr Gadecki a également tenu à préciser que le pape n’avait pas "fustigé" les évêques au cours de cette rencontre privée. L’archevêque de Poznań a assuré que le dialogue avec le pape s’était déroulé dans un climat très chaleureux.
Concernant la question délicate des réfugiés, a rapporté l'archevêque, le pape a encouragé les évêques à se conformer à "l’Evangile qui enjoint d’aider ceux qui sont affligés". Il a fait une distinction entre ceux qui quittent leur pays à la recherche d’un travail - comme ce fut le cas de nombreux Polonais mais aussi de ses propres parents partis d’Italie pour l’Argentine -, et ceux qui fuient la guerre et la faim.
Le pape a également soutenu devant les évêques que l’une des solutions à la crise actuelle est la résolution des problèmes dans les pays d’origine. Il a dénoncé, une nouvelle fois, la "colonisation culturelle et idéologique" à l’origine de nombreuses exclusions, ou encore la vente d’armes et l’idolâtrie de l’argent qui alimentent de nombreux conflits.
"Faites du bruit toute la nuit"
Fidèle à la tradition instaurée par Jean Paul II, puis reprise par Benoît XVI lors de sa visite à Cracovie en mai 2006, le pape François est ensuite apparu au balcon central de l’archevêché. Devant plusieurs milliers de jeunes enthousiastes, il a évoqué avec gravité le décès des suites d’un cancer, début juillet, d’un Polonais de 22 ans qui avait activement participé à la préparation des JMJ et retrouvé la foi. Le pape a invité à prier pour l’âme de ce jeune et donné sa bénédiction, avant de lancer à son auditoire: "maintenant, faites votre devoir qui est de faire du bruit toute la nuit, et faites voir votre joie chrétienne!"
D'après cath.ch-apic
Photo: Le pape François avec le président polonais Duda et son épouse.

