Dès le 1er septembre, un cours de citoyenneté sera instauré dans l'enseignement officiel, au détriment des cours philosophiques qui passeront de deux heures à une heure par semaine. Les évêques francophones ont tenu à s'adresser aux parents des enfants qui suivent le cours de religion catholiques.
Dans une lettre, les évêques francophones belges rappellent les changements qui interviendront lors de la prochaine rentrée scolaire, depuis la Déclaration de politique communautaire de juillet 2014, par laquelle le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé d’introduire un cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté. "Par conséquent, dans l’enseignement officiel, le cours de religion catholique fait toujours partie de l’horaire à raison d’une heure par semaine. Dans l’enseignement libre catholique, le cours de religion catholique fait partie de l’horaire à raison de deux heures par semaine", soulignent-ils.
"Que vos enfants fassent partie du réseau libre catholique ou de l’enseignement officiel (Fédération Wallonie-Bruxelles, Provinces, Communes), cette lettre vous est directement adressée. Elle a pour but de vous informer sur la situation du cours de religion et de vous donner notre avis, en tant qu’évêques de Belgique francophone, à ce sujet", écrivent les évêques, qui disent prendre acte de ces décisions; résultat de multiples débats.
Entrer dans une culture de débat
Ils poursuivent: "En même temps, nous nous réjouissons du fait que le cours de religion catholique soit toujours proposé dans les écoles. En effet, supprimer le cours de religion catholique signifierait reléguer les convictions religieuses à la seule sphère privée, ce qui, pour un état démocratique, serait un appauvrissement". Les évêques francophones estiment que garder un cours confessionnel de religion, "c’est inciter chaque religion à se présenter de manière cohérente et pédagogique ; c’est encourager les enseignants et les élèves à s’ouvrir à un esprit critique et à développer une pensée libre", mais aussi "permettre d’entrer dans une culture de débat avec d’autres convictions religieuses ou laïques".
"Maintenant que des décisions sont prises, allons de l’avant et faisons pleine confiance à la compétence des maîtres et professeurs de religion catholique. Leur cours contribue au plus grand bien de vos enfants", conclut la lettre qui est signée par Mgr Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Guy Harpigny, évêque de Tournai, Mgr Remi Vancottem, évêque de Namur, Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire pour le Brabant wallon, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire pour la ville de Bruxelles et Mgr Pierre Warin, évêque auxiliaire de Namur.
Les profs de religion se mobilisent
Par ailleurs, le Collectif des Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel (CEREO) - l’unique organe représentant tous les maîtres et professeurs des cinq religions enseignées dans l'enseignement officiel, créé en réaction à la réforme des cours dits philosophiques – tiendra une assemblée générale le 15 juin à laquelle tous les maîtres et professeurs de religions de l’enseignement officiel en Communauté française ont été conviés.
Dans un communiqué, le CEREO se dit convaincu qu’un "enseignement critique mais bienveillant des religions, dispensé par des maîtres et professeurs conjuguant une démarche de foi et une formation sérieuse, est dans les circonstances actuelles le moyen le plus sûr de développer le civisme et la modération de nos élèves en quête de sens et d’identité. La raison pour laquelle nous défendons nos emplois ne se résume donc pas à la garantie d’un gagne-pain".
Fondé à l’initiative de professeurs de religions (catholique, orthodoxe, protestant, islamique, israélite) le CEREO a pour vocation principale de fédérer les maîtres et les professeurs qui enseignent les religions dans les écoles fondamentales et secondaires de l’enseignement officiel francophone. Le CEREO s'est donné comme objectif de défendre par tous les moyens légaux les cours hebdomadaires de religions inscrits dans le programme officiel de l’enseignement organisé et subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que les professeurs qui s’y rattachent.
J.J.D.
