Dans un communiqué, le Conseil Interdiocésain des Laïcs (CIL) estime que cantonner les convictions religieuses dans la seule sphère privée, relève d'un choix idéologique qui ne résout aucun problème. Il en appelle à garder des cours philosophique et de religion, accordés sur un référentiel commun.
A l'approche de l'entrée en vigueur au 1er septembre, des cours de citoyenneté dans l'enseignement officiel, au détriment d'une heure de cours de religion ou de morale, les réactions se suivent. Après les évêques francophones qui ont adressé une lettre aux parents des enfants suivants les cours de religion catholique dans l'officiel et après l'assemblée générale du Collectif des Enseignants de Religions dans l’Enseignement Officiel (CEREO) – unique organe représentant tous les maîtres et professeurs des cinq religions enseignées dans l’enseignement officiel, créé en réaction à la réforme des cours dits philosophiques, c'est au tour du Conseil Interdiocésain des Laïcs (C.I.L.) de faire part de ses inquiétudes.
"La réalité plurielle de nos origines, de nos engagements, des générations invite au dialogue pour relever, ensemble avec d'autres convictions et à la lumière d'un humanisme largement commun, les défis de ce monde confronté à des paradoxes pour conjuguer mondialisation et individualisme, rendement et solidarité, matérialisme et spiritualité, citoyenneté et convictions", écrivent d'emblée les responsables du Comité, en estimant que la neutralité est en soi impossible. "Naître, c'est entrer dans le monde de l'altérité, pour affronter la découverte des différences, sans les gommer mais pour les accepter et les articuler parce que sources d'enrichissement plutôt que de division."
Le CIL estime que pour assurer un "vivre ensemble citoyen", dans la pluralité de convictions des concitoyens, "cantonner ces convictions dans la seule sphère privée voire intime, relève d'un choix idéologique qui ne résout aucun problème. Au contraire, il faut inviter les diverses convictions dans le débat public pour ouvrir au dialogue entre les personnes, au-delà de la seule confrontation des idées".
Les membres du CIL jugent que l'apprentissage du dialogue, dans le respect des différences, est incontournable, indispensable dans une société devenue plurielle. "Si l'éducation à la citoyenneté est transversale à tous les apprentissages dans la vie de l'école, il est indispensable de garder des cours 'philosophique/de religion' accordés sur un référentiel commun", précise encore le communiqué qui termine par ces mots: "C'est en bâtissant quelque chose ensemble que les personnes s'apprécient!"
Rappelons que le Conseil Interdiocésain des Laïcs (C.I.L.) rassemble des associations, des personnes et des mouvements agissant, en tant que laïcs chrétiens, dans différents secteurs de la société belge et de l'Eglise francophone.
J.J.D.
